Armandine Rolland

Résumé

Armandine Rolland Mes souvenirs sur Mirabeau (1869)

Enfin, j'étais réellement jolie à désespérer M. de Mirabeau. Qu'on me pardonne cet excès de vanité rétrospective; je suis si vieille, je me sens si bien un pied dans la tombe, que je parle de moi comme d'une contemporaine de mademoiselle de Scudéry.
Pour en revenir à la représentation de Psyché, je dirai que madame de Lauriston, toujours bonne et maternelle pour moi, le fut encore plus peut-être ce soir-là que d'habitude. On aurait pu croire qu'elle devinait les anxiétés de ce cœur si agité, hélas ! sous son élégante toilette.
Source : Gallica

Armandine Rolland Mes souvenirs sur Mirabeau (1869)

Une pensée autrement dominatrice que celle de mon illustre tuteur me criait : Liberté,
liberté ! Je ne sais trop quelles raisons je lui donnai; peut-être lui parlai-je réserve et convenance ; il les accueillit avec un mécontentement marqué, non exempt d'ironie.
« Allons, me dit-il, ma très-raisonnable pupille, vous avez dans ce moment une déférence pour le monde que j'admire. Seulement, permettez-moi d'y être passablement incrédule, et je ne puis l'attribuer qu'à une préoccupation qui, certes, ne m'est pas personnelle. »
Source : Gallica

Armandine Rolland Mes souvenirs sur Mirabeau (1869)

A ces mots, et après un très-faible salut, je me retirai dans la petite pièce qui me servait de cabinet de toilette.
En sortant du couvent je rencontrai Miss qui venait s'informer de mon mal de tête; je l'assurai qu'il n'avait laissé aucune trace.
En arrivant chez M. de Mirabeau, je lui trouvai un air sérieux de plus d'une contrariété politique ; mais il céda à l'épanouissement que lui causa la scène de la rue Cassette.
« Tout en étant moins éclatante, dit-il, que l'insurrection de Bon-Secours, elle n'en restera pas moins comme un des plus curieux incidents de vos souvenirs lointains. »
Source : Gallica

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