Dauphin Meunier 

Résumé

Dauphin Meunier  Revue des Deux Mondes

Sans acrimonie, sinon sans hauteur, elle ne veillait qu’à répandre autour d’elle, sur sa nièce Emilie et sur ses propres enfans, trois filles et un fils, le charme engageant de ses vertus et de ses connaissances : noble ensemble, scientia, sapientia, qui inspirait au jeune comte de Mirabeau une admiration et un respect passionnés. Il gémissait de n’être pas né le fils d’une telle mère : il n’eût voulu être l’époux que d’une telle femme ; et bref, pour parler comme lui, la comtesse de Vence exaltait son génie en élevant son âme. Emilie sentait un peu différemment à cet égard.
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Dauphin Meunier  Revue des Deux Mondes

Lorenzino y présuppose hors de conteste ce principe que « la liberté est un bien et la tyrannie un mal » ; il se fait accorder ainsi qu’on doit tuer les tyrans ; d’où il conclut sans peine que les tyrans, de quelque manière qu’on les tue, sont justement tués. Or ce principe n’a point de vérité en soi ; il ne tire sa force que d’un consentement unanime ; il oppose des termes qui ne sont pas du tout comparables ; car le contraire de la tyrannie, c’est exactement l’anarchie, et Lorenzino n’a point voulu dire que liberté fût synonyme d’anarchie, puisqu’il voulait régner après Alexandre.
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Dauphin Meunier  Revue des Deux Mondes

Il était seulement moins dangereux de le contrarier que de déplaire à Mme de Pailly. Emilie eut quarante-huit heures de répit au couvent de Montargis pour méditer sur ces données.
Déjà, chemin faisant, elle s’était avisée de croire son mari plus infortuné que coupable. Il lui avait donné peu de bonheur, mais jamais un bonheur médiocre ni vulgaire : les feux du génie, ceux de l’illusion et de l’espérance, avaient illuminé ces journées brèves. Elle ne se représentait plus son fils, son Gogo, que nouant ses petits bras au cou de son père : et comment baiser l’un sans l’autre ?
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