Comtesse de Ségur,
Les Vacances
(1859)
“ MARGUERITE. Et Sophie ne m’a jamais parlé de toi. PAUL. Comment, Sophie, tu m’avais oublié ? SOPHIE, tristement. Oublié, non, mais tu dormais dans mon cœur, et je n’osais pas te réveiller. Je t’avais cru mort, et puis j’ai été si malheureuse que je suis devenue égoïste et je n’ai pensé qu’à moi ; j’ai perdu l’habitude de penser au passé, et à ceux qui m’avaient aimée. JEAN. Ne croyez pas ce qu’elle dit, Paul ; Sophie est bonne et très-bonne, elle dit toujours du mal d’elle-même. Pauvre Sophie, elle vous racontera ses trois années de malheur. ”
