Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau

Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau

Résumé

Portrait de Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau Le Degré des âges du plaisir

Dieu, auteur de mon être, qu’est-ce que l’homme ?
À dix ans, dans l’effervescence du désir, le germe des passions vient l’assaillir ; à vingt ans, il en jouit sans modération ; à trente, livré à la débauche la plus effrénée, il ne met point de bornes à ses désirs ; l’inceste, la jouissance la plus lascive, est le but de ses empressements ; à quarante, libertin raffiné, voluptueux sans délicatesse, il met en usage, lorsqu’il est célibataire, toutes les ressources honteuses que lui suggère son tempérament ; à cinquante, il réclame les secours de la prostitution, et à soixante, il ne bande plus.
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Portrait de Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau Le Degré des âges du plaisir

J’y fus reçu en conquérant aimable ; quelques coups de fesses de mon amante m’assurèrent que j’étais au comble du bonheur et de la félicité, que la volupté m’avait ouvert ses portes. Que dis-je, ah ! je ne tardai pas à m’en apercevoir moi-même à la liberté que mon aide-de-camp avait d’aller et de venir dans ce temple du plaisir ; mes muscles se gonflèrent, j’y seringuai l’essence précieuse de la vie, et ma Constance, qui avait déjà coopéré à cet acte libidineux, était ensevelie dans cet évanouissement si cher, où les mortels sont égaux aux dieux mêmes.
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Portrait de Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau Le Degré des âges du plaisir

Si quelque chose me chagrinait dans cette escapade de ma jeune amante, c’était d’avoir pour rival un faquin d’ecclésiastique, un intrigant en manteau court, qui n’avait, comme la plupart de ses dignes confrères, d’autre revenu que les bienfaits d’une femme bigote qu’il avait séduite et qu’il escroquait tout en déshonorant sa maison. Je ne sais pas même où j’aurais porté mon ressentiment si dans ce temps mon cœur n’avait été tout à la fois occupé de deux fortes passions que m’avaient inspirées deux femmes de chambre de ma mère, Sophie et Louison.
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