Résumé

Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Gamiani ou deux nuits d’excès

FANNY. Assez ! Gamiani, assez !
GAMIANI. Non ! non ! écoute encore, écoute, Fanny. Être nues, se sentir jeunes et belles, suaves, embaumées, brûler d’amour, et trembler de plaisir ; se toucher, se mêler, s’exhaler corps et âme en un soupir, un seul cri, un cri d’amour ! Fanny ! Fanny ! c’est le ciel !
FANNY. Quels discours ! quels regards !... et je vous écoute, je vous regarde... Oh ! grâce pour moi. Je suis si faible. Vous me fascinez... Quelle puissance as-tu donc ?... Tu te mêles à ma chair, tu te mêles à mes os, tu es un poison !... Oh ! oui, tu es horrible et... je t’aime !...
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Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Gamiani ou deux nuits d’excès

J’ai l’enfer dans l’esprit, j’ai le feu dans le corps. Je ne sais qu’inventer... Oh ! rage !
ALCIDE. Que faites-vous, Gamiani ? Vous vous levez ?
GAMIANI. Je n’y tiens plus, je brûle... je voudrais... Mais fatiguez-moi donc ! Qu’on me presse, qu’on me batte... Oh ! ne pas jouir !...
Les dents de la comtesse claquaient avec force ; ses yeux roulaient, effrayants, dans leur orbite ; tout en elle s’agitait, se tordait... C’était horrible à voir.
Fanny se releva, saisie, épouvantée. Pour moi, je m’attendais à une attaque de nerfs.
En vain je couvrais de baisers les parties les plus tendres.
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Gamiani, excitez-moi, que j’inonde cette jeune fleur de la rosée céleste.
GAMIANI. Quel feu ! quelle ardeur ! Fanny, tu te pâmes déjà... oh ! elle jouit... elle jouit !...
FANNY. Alcide ! Alcide !... j’expire... je...
Et la douce volupté nous abîmait d’ivresse, nous portait tous les deux au ciel.
Après un instant de repos, calme des sens, je parlai moi-même en ces termes :
— Je suis né de parents jeunes et robustes. Mon enfance fut heureuse, exempte de pleurs et de maladie. Aussi, dès l’âge de treize ans étais-je un homme fait. Les aiguillons de la chair se faisaient déjà vivement sentir.
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