Alfred de Musset,
Gamiani ou deux nuits d’excès
“ FANNY. Assez ! Gamiani, assez ! GAMIANI. Non ! non ! écoute encore, écoute, Fanny. Être nues, se sentir jeunes et belles, suaves, embaumées, brûler d’amour, et trembler de plaisir ; se toucher, se mêler, s’exhaler corps et âme en un soupir, un seul cri, un cri d’amour ! Fanny ! Fanny ! c’est le ciel ! FANNY. Quels discours ! quels regards !... et je vous écoute, je vous regarde... Oh ! grâce pour moi. Je suis si faible. Vous me fascinez... Quelle puissance as-tu donc ?... Tu te mêles à ma chair, tu te mêles à mes os, tu es un poison !... Oh ! oui, tu es horrible et... je t’aime !... ”

