Résumé

Anonyme Lettres galantes et philosophiques de deux nones (1777)

Passe-moi, ma sœur, cette polissonnerie ; c’est le dernier coup de mon pinceau. Bon soir, Agathe ; il est minuit, et je me couche. Christine.
RÉPONSE.
Vous êtes charmante, ma chère sœur Christine. Plus je vous lis, plus mon imagination s’alume. Vous parlez le langage de l’amour, comme un professeur de rhétorique, celui de l’éloquence. Vous dépeignez cet enfant avec des couleurs si vives, si naturelles, qu’il n’est pas possible de s’y méprendre. Ô que j’aime votre ton ! il porte au cœur ; il est ce qu’il doit être, ni trop sublime, ni trop fastidieux.
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Anonyme Lettres galantes et philosophiques de deux nones (1777)

Tu me demandes des nouvelles du petit Étienne. Tu n’exiges pas, non-seulement des détails, mais tu veux encore des exploits. Hélas ! que ne puis-je te satisfaire ! Le cruel, il s’abreuve de mes larmes, et me laisse en proie à mon chagrin. J’aurais dû brûler les aîles de ce petit dieu volage ; quand je le pressais sur mon sein ; il aurait peut-être été plus constant. Depuis la fin tragique de madame la supérieure, et que tu savais être ma protectrice, il n’a pas reparu dans la maison. La douleur ainsi que le plaisir a son terme, ma chère Agathe.
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Anonyme Lettres galantes et philosophiques de deux nones (1777)

Je te vois venir, ma sœur Christine. La vanité nous tend quelquefois des pièges qu’il est presque impossible d’éviter. Le langage de la galanterie est aujourd’hui un langage à la mode. Tu as voulu te mettre sur les rangs, pour te donner sans doute un ton ; ou (je crois l’avoir deviné) pour ne pas souffrir qu’on t’humilie. Non, non, je ne rabattrai rien, sois en sûre, de ma petite arrogance. Tu es caustique par fois ; mais si jamais tu l’emportais sur une carmélite, je me donnerais presque au diable, pour m’élever au-dessus d’une ursuline.
Ne vas pas, ma sœur Christine, te piquer au jeu.
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