Résumé

Anonyme Histoire de Marguerite, fille de Suzon

Ah ! ma poulette, que la nature vous a bien partagée ; que vos yeux sont doux ; vos levres sont plus belles que des roses ; vos joues incarnates portent un teint frais & vermeil : tout respire chez vous, belle ange, les graces dont vous êtes douée ; votre sein, plus blanc que l’albâtre, trouble mes sens, & il y porte atteinte ; vos dents, plus blanches que l’ivoire, vous rendent une beauté des plus accomplie. Sa maudite main qu’elle voulut repousser, mais inutilement, lui fit prononcer ces mots : finissez, monsieur, de grace, finissez, que je m’en aille. — Arrête, mon cœur, mon amour.
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Anonyme Histoire de Marguerite, fille de Suzon

Il alloit me jeter sur un lit de damas écarlate, lorsqu’un laquais vint lui dire que mademoiselle Victoire le demandoit ; c’étoit ma femme-de-chambre ; elle vient fort à propos, répondit grossiérement mon gros amant, qu’elle entre : cette fille entra tout aussi-tôt, avec un air modeste qui respiroit tellement la vertu, que je pensai mourir de honte à son aspect. « Avancez, ma fille, lui dit le financier en ricanant, voila la maîtresse que je vous donne ; il ne tiendra qu’à vous d’être long-tems avec elle. »
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Anonyme Histoire de Marguerite, fille de Suzon

Je vais donc raconter l’histoire & la vie de Marguerite. Cette charmante fille a eu en partage tous les dons de la nature : Vénus, de ses divines mains, forma les traits de son visage ; elle ne peut ouvrir la bouche sans se faire entendre : l’Amour qui le premier anima son cœur, y fit couler cette flamme subtile qui donne la vie à tous nos plaisirs. Elle devint en grandissant l’objet de mes amours, & dès l’âge de douze ans, elle fit naître chez moi des mouvemens inconnus, & depuis quelques mois je sentois une langueur extraordinaire.
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