Résumé

Anonyme La belle Cauchoise ou Mémoires d’une jolie Normande devenue courtisanne célèbre (1788)

Pour lors aussi dégoûtée qu’ennuyée de ses froides caresses, j’appelai le comte, mon cher amant. Autant vaut lui qu’un autre, ce qui démonta tellement l’abbé qu’il sortit du salon avec fureur, alla reprendre ses habits et s’en revint à Paris dans le courroux le plus violent. Oh ! qu’un homme est piqué, furieux, quand il voit la nature se refuser ainsi à ses désirs, l’emportement devient sa passion favorite.
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Anonyme La belle Cauchoise ou Mémoires d’une jolie Normande devenue courtisanne célèbre (1788)

La maison de la couturière est le premier théâtre où je vais me former au plaisir. Ce fut mon noviciat dans le mystère de l’amour.
Je l’avoue franchement, cette maison frappa d’abord mes yeux, qui, il est vrai, n’était point accoutumés aux grands spectacles : une simple chaumière, une cabane un peu meublée m’aurait paru jusques-là quelque chose de beau, mais quand j’en fis la comparaison avec l’appartement que mon amant me donnait, j’en sentis à l’instant le contraste, et la gaieté s’empara bientôt de mon âme
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Anonyme La belle Cauchoise ou Mémoires d’une jolie Normande devenue courtisanne célèbre (1788)

En entrant dans cette maison, je croyais être obligée de faire divorce avec tous les plaisirs ; combien je me trompais ; à la vérité le seul nom, l’idée seule du couvent, nous paraît emporter avec soi quelque chose d’austère, de rude qui se rapporte à la pénitence ; rien n’est cependant plus faux que cette idée : il n’est aucun couvent peut-être qui ne soit un séminaire de l’amour : il est tellement révéré, que c’est dans les couvents que ces dieux forment sûrement les sujets les plus forts et les plus vigoureux. Les autres êtres ne connaissent que la simple nature
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