Résumé

Anonyme Les Dames de maison et les filles d’amour (~1830)

Je ne conçois pas comment une femme, comment cette belle portion de l’humanité peut s’avilir, se dégrader au point de s’abandonner aux désirs souvent effrénés du premier venu : le presser, le solliciter, de jouir d’un plaisir, disons mieux, d’un bonheur que souvent elle refuse à l’homme qui l’adore, qui le lui demande à genoux. Quelle bizarrerie ! en vérité, on serait tenté d’accuser la nature. Ah ! il ne faut s’en prendre qu’à nos passions, dit la dame de maison, aux vices de la civilisation qui enfantant le luxe, nous donnèrent des désirs.
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Anonyme Les Dames de maison et les filles d’amour (~1830)

Et c’est de là qu’est née la prostitution, que tout le monde réprouve, blâme, condamne, et dont les moralistes les plus sévères profitent ; car, quel est l’homme qui, dans sa vie, n’a pas fréquenté les bordels plus ou moins, et par un raffinement de paillardise. Nous avons maintenant les maisons de passe, une femme qui ne peut foutre avec son amant dans sa maison, qui n’ose pas se confier à une amie, sort de chez elle pour affaire, pour rendre visite à ses parens : l’ami du cœur l’attend, une maison de passe s’ouvre pour eux, et le mari est cocufié.
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Anonyme Les Dames de maison et les filles d’amour (~1830)

Le méphytisme qui s’exhale des bordels et des cons, qui en sont le sale ornement, n’est pas moins dangereux.
La graine des filles d’amour, des putains, des prostituées, des filles publiques, des garces de tous les genres, de toutes les couleurs, fertilise, pullule, et s’accroît chaque jour dans Paris, plus que le chien-dent et les herbes parasites dans nos campagnes. La paresse, l’amour du luxe, du libertinage, meublent et alimentent chaque jour les bordels.
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