Résumé

Anonyme Correspondance d’Eulalie (1785)

Il m’est impossible, cher Comte, de pallier mes torts. Ne me pardonnerez-vous pas ce moment de foiblesse ? Faut-il que je perde le meilleur des hommes pour une erreur ? Je ne chercherai pas à réfuter les propos de la Jeunesse ; mais pouvez-vous écouter ce que dit un laquais qu’on renvoye et que l’humeur fait parler ? Revenez, cher Comte, que je me jette à vos genoux et que j’obtienne mon pardon. Je vous jure une fidélité à toute épreuve. Comment pouvez-vous appeller les marques de mon amitié de feintes caresses ? Ah ! ingrat, c’étoient bien les expressions du cœur.
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Anonyme Correspondance d’Eulalie (1785)

Enfin, mon cœur, j’ai pris mon parti, j’ai vendu mes diamans et bijoux, j’en place une partie en rente viagère, et je vais me retirer en province. Je suis lasse de la vie que je mene. Je veux maintenant être ma maîtresse, et veux aussi que si je me livre à quelqu’un, ce ne soit plus l’intérêt qui me guide dorénavant je consulterai mon cœur. Je ne me marierai jamais, j’aurois trop à craindre que mon mari ne me reproche mon inconduite passée : si quelque provincial m’intéresse, nous pourrons nous unir ; mais sans sacrement, ce sont les meilleurs mariages et ceux qui durent le plus long-tems.
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Anonyme Correspondance d’Eulalie (1785)

J’étois sur mon sopha, appuyée sur une de mes mains, et j’affectois une tristesse profonde. On me l’annonce. Je ne sais comment vous me surprenez ainsi, lui dis-je avec un ton d’humeur ; j’avois ordonné que ma porte fût fermée pour tout le monde. J’ai la migraine et suis d’une tristesse incroyable. Dans cette position désagréable, je ne puis surement que vous ennuyer beaucoup. Votre procédé n’est pas raisonnable, Mademoiselle, répondit-il galamment. S’enfermer parce que l’on est triste ! C’est le moment où le cœur a le plus besoin de distraction et des consolations de l’amitié.
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