Théophile Gautier,
Les Roués innocents
(1847)
“ Florence avait repris sa place au chevet du lit et continuait sa lecture. Henri regardait ces deux femmes si charmantes l’une et l’autre, et si dissemblantes pourtant. La beauté de l’une avait quelque chose de perfide, de cruel, de dangereux : grâce de chatte, charme de sirène, attrait de fleur vénéneuse ; — on s’alarmait de l’aimer. — La beauté de l’autre était franche, sympathique, pleine de noblesse et de générosité ; — on sentait qu’on pouvait sans crainte lui confier son amour et son honneur. — Telle eût été la femme que Dalberg eût choisie s’il n’avait pas aimé Calixte. ”
