Résumé

Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Jean et Jeannette. Les Roués innocents… (1852)

La conversation qu’ils eurent ensemble serait difficile à rapporter. Des phrases insignifiantes prennent beaucoup de valeur par l’éclair de l’œil, le tremblement de la voix, la rougeur des joues.
Jean et Jeannette s’aimaient déjà trop pour se le dire, et jouissaient, sans avoir le besoin d’exprimer ce qu’ils sentaient, du bonheur de se trouver ensemble, dans les champs, parmi les fleurs et la verdure, un beau jour de printemps.
Comme l’amour est une passion primitive, on la ressent peut-être avec plus de vivacité quand on se trouve au sein de la nature.
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Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Jean et Jeannette. Les Roués innocents… (1852)

Voyant Bafogne prendre position dans sa bergère, comme un homme qui s’arrange pour le reste de la nuit, et l’abbé posé vis-à-vis de lui en chien de faïence, Mme de Champrosé sentit qu’il fallait frapper un grand coup, et demanda l’heure qu’il était d’un ton de fatigue et d’ennui assez marqué.
L’abbé, qui était plus usagé que le traitant, comprit qu’il serait de mauvais goût de rester plus longtemps, et, par une manœuvre savante, saisissant le bras de Bafogne, il lui dit d’un ton leste et dégagé :
« Venez-vous, mon cher ? Vous voyez bien que cette chère marquise a besoin de repos. »
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Portrait de Théophile Gautier Théophile Gautier Jean et Jeannette. Les Roués innocents… (1852)

D’ailleurs, vous verrez bien que non, dit en riant Mme de Champrosé.
Mon histoire est la vôtre : un caprice m’a fait prendre, un soir d’ennui, ce travestissement de Jeannette, sous lequel j’ai eu le bonheur de me faire aimer de vous.
Dans le monde, dominés par la mode et la frivolité, nous n’aurions pu, à travers le tourbillon des plaisirs, démêler nos vrais caractères. Nous aurions passé l’un près de l’autre sans nous comprendre.
Le masque nous a rendus vrais. Moi qui ai la réputation d’une femme à la mode maniérée et piquante, je suis simple et vraie, la nature seule me touche.
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