Résumé

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Mademoiselle Cléopâtre : histoire parisienne… (1864)

Il entra dans sa chambre.
— Chez ma soeur c'est le paradis, dit-il ; ici, c'est l'enfer.
En effet, cette chambre était un enfer par le désordre, par les mauvais livres, par les tableaux licencieux; on y respirait une odeur de cigares, de bouquets fanés, de patchouli. Le vice a son parfum comme la vertu.
Après avoir fermé la porte, Max déposa son pistolet sur sa table de nuit, le regarda longtemps et leva les yeux au ciel.
— C'est horrible, dit-il. Je n'ai pas vingt-quatre ans. Tout ruiné que je suis, je suis riche encore, je suis beau, je suis aimé. O Cléopâtre !
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Mademoiselle Cléopâtre : histoire parisienne… (1864)

Cléopâtre se tourna vers Max.
— As-tu encore peur de la mort? lui demandat-elle.
— Oui, car la mort m'est odieuse avec la malédiction de mon père!
Et il dit tout bas à sa maîtresse :
— Non, je ne veux pas mourir, car toi que j'ai tant aimée, toi que j'ai aimée plus que l'honneur, tu te donneras demain à ce Rodolphe que tu aimes. Ma vraie mort, c'est la pensée qu'il te reprendra tout entière.
— Ah! tu n'as pas le courage de mourir!
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Mademoiselle Cléopâtre : histoire parisienne… (1864)

M. Auvray soupira.
— Un portrait que j'ai toujours là, dit-il en ouvrant le tiroir de sa table. Quand, plus tard encore, poursuivit-il, il m'apprenait l'histoire que je ne savais plus; quand il se mettait là, à ma table, saisissant mon burin et continuant d'une main sûre l'oeuvre commencée par moi, qui m'eût dit, hélas ! qu'il finirait ainsi ?
Et la nature prenant enfin le dessus dans cette âme stoïque, M. Auvray éclata en sanglots.
— Il faut que j'aille l'embrasser, dit-il; maintenant que justice est faite, il n'y a plus de coupable.
Il alla droit à la chambre de Max.
Source : Gallica

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