Résumé

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Lucie, histoire d'une fille perdue… (1873)

Lucie était son oeuvre, mais Lucie n'était plus à lui. Il eût peut-être éprouvé la même volupté à entendre les sifflets éclater autour d'elle.
Ceux qui s'indigneront de le voir si lâche en cette passion qu'il ne pouvait vaincre, ont peut-être passé à côté des passions sans les traverser. Il ne faut pas oublier que Lucie était belle. — Ni âme ni coeur, dira-t-on. — Mais les chefs-d'oeuvre de l'art ! Et puis, si elle ne l'avait pas aimé, il croyait qu'elle l'avait aimé : en amour, la réalité n'est rien, l'illusion est tout.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Lucie, histoire d'une fille perdue… (1873)

Tout alla bien jusqu'au jour où il fut de notoriété publique, que la belle avait un amant de coeur. Un amant de coeur qu'elle imposait partout jusque dans les soupers où elle allait pour faire recette. Dans la haute galanterie on ne s'indigne pas de voir une femme passer de main en main comme un billet à ordre qui devient meilleur à force de signatures, mais on ne permet pas à une femme de se mésallier. On est de son monde ou on n'en est pas. Lucie fut bientôt au ban de la réprobation mondaine, grâce à ce Charles Abelle qui marchait partout sur la queue de ses robes.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Lucie, histoire d'une fille perdue… (1873)

Lucie pleura beaucoup.
— Vois-tu, lui dit-elle, ton amour, c'est ma vie et ma mort. Dis-moi toute la vérité. Si tu m'aimes, je te pardonne. Si tu ne m'aimes plus, va-t'en.
— Ton amour, reprit Charles Abelle, c'est aussi ma vie et ma mort. Vivre sans toi, ce serait mourir. Vivre avec toi, c'est vivre.
Lucie pardonna.
— Eh bien ! se dit Caroline furieuse, il ne me reste plus qu'à faire mes paquets.
Source : Gallica

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