Résumé

Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu Une troupe de comédiens, par Anatole Leroy-Beaulieu (1866)

Simeone avait cessé de ramer ; appuyé sur la proue dentelée de la gondole, il regardait immobile. « C'est magnifique! s'écria-t-il; qu'est-ce que les illuminations ou les feux d'artifice de Rome ou de Palerme, devant cette fête que nous donne l'Autriche? Quel spectacle et quels décors! Les bombes sur la tête, sous les pieds, dans l'air, dans l'eau — la mer, la nuit, Venise, le canon, l'incendie! — Rien n'est beau comme la guerre ! »
Et dans son admiration, l'artiste étendait le bras droit vers la ville, comme pour diriger les yeux de Mariotto placé à l'arrière de la barque.
Source : Gallica

Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu Une troupe de comédiens, par Anatole Leroy-Beaulieu (1866)

Je te sais généreuse, et j'exploite ta générosité; mais, en dehors de toi, je n'ai rien, ni parents, infortuné; il ne me reste qu'un génie qui me ronge le coeur : je mourrai de misère et d'ennui. Aie pitié de moi ! — Maddalena, poursuivit-il avec une sorte de colère, pense à madame des Alinari qui t'accuse d'avoir séduit son fils : veux-tu t'introduire dans sa famille de force? Songe à M. di Maldi, à ce Beppino qui fut ton amant et le voulait redevenir : comment le reverras-tu quand tu seras sa bellesoeur? Tu avais juré que cela ne serait jamais : tu ne peux pas épouser Cosimo.
Source : Gallica

Portrait de Anatole Leroy-Beaulieu Anatole Leroy-Beaulieu Une troupe de comédiens, par Anatole Leroy-Beaulieu (1866)

Il y a de ces visages si drôlement contournés, qu'ils deviennent magnifiques de laideur. Ces horreurs dont vous faites fi peuvent parler aux sens et à l'esprit; le grotesque est une des sources les plus fécondes de l'art, et c'est la moins épuisée.
— Pour moi, dit la Manidi, je trouve assez de laid dans la nature; je voudrais que l'art la redressât, et nous rendît le monde beau et jeune des premiers jours de la création.
— Heureusement, reprit Simeone, que la terre n'est plus un fade paradis et que nous sommes sortis des bergeries de l'âge d'or.
Source : Gallica

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