Germaine de Staël-Holstein

Germaine de Staël-Holstein

Résumé

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein Corinne, ou L'Italie. Tome 1 (1807)

Le génie ne cherche point à combattre ce qui est dans l'essence des choses ; sa supériorité consiste, au contraire, à la deviner. – Vous, mon cher Oswald, dit Corinne, vous n'aimez pas les arts en eux-mêmes, mais seulement à cause de leurs rapports avec le sentiment ou l'esprit. Vous n'êtes ému que par ce qui vous retrace les peines du coeur. La musique et la poésie conviennent à cette disposition ; tandis que les arts qui parlent aux yeux, bien que leur signification soit idéale, ne
plaisent et n'intéressent que lorsque notre âme est tranquille et notre imagination tout-à-fait libre.
Source : Gallica

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein Corinne, ou L'Italie. Tome 1 (1807)

Quel était dans ce moment le charme et la dignité de Corinne ! comme a genoux elle était souveraine ! Et quand elle se releva, en faisant retentir le son de son instrument, de sa cymbale aérienne, elle semblait animée par un enthousiasme de vie, de jeunesse et de beauté, qui devait persuader qu'elle n'avait besoin de personne pour être heureuse. Hélas ! il n'en était pas ainsi ; mais Oswald le craignait, et soupirait en admirant Corinne, comme si chacun de ses succès l'eût séparée de lui ! A la fin de la danse, l'homme se jette à genoux à son tour, et c'est la femme qui danse autour de lui.
Source : Gallica

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein Corinne, ou L'Italie. Tome 1 (1807)

Oswald se prêtait à cette illusion : l'amour, dans un caractère incertain et faible, trompe à demi, la raison éclaire à demi, et c'est l'émotion présente qui décide laquelle des deux moitiés sera le tout. L'esprit de lord Nelvil était singulièrement étendu et pénétrant, mais il ne se jugeait bien lui-même que dans le passé. Sa situation actuelle ne s'offrait jamais à lui que confusément. Susceptible tout à la fois d'entraînement et de remords, de passion et de timidité, ces contrastes ne lui permettaient de se connaître que quand l'événement avait décidé du combat qui se passait en lui.
Source : Gallica

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