Germaine de Staël-Holstein

Germaine de Staël-Holstein

Résumé

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein Oeuvres complètes de Mme la baronne de Staël… (1838)

Son charme invincible agissait sur vous tous qui m'écoutez, sur vos vieillards, sur vos enfants, sur ceux même qui pouvaient envier sa destinée. Chacun d'eux était son ami avant de penser à devenir son rival. Ah ! pleurez-le long-temps, car sa vie était votre gloire, et sa mort est le deuil de l'univers. Mais il faut que le monde périsse, quand la passion le commande ; l'orage qui s'élève en secret au fond du coeur bouleverse la nature : tout semble calme autour de moi; moi seule je sais que la terre est ébranlée, et qu'elle va s'entr'ouvrir sous mes pas.
Source : Gallica

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein Oeuvres complètes de Mme la baronne de Staël… (1838)

Léonce, est-ce ainsi que nous sommes faits pour nous aimer ? Ce sentiment, qui, je le crois, ne s'éteindra jamais, ne devait-il pas servir à perfectionner notre ame? Oh! qu'est-ce que l'amour sans enthousiasme? et peut-il exister de l'enthousiasme sans que le respect des idées morales soit mêlé de quelque manière à ce qu'on éprouve? Si je cessais d'estimer votre caractère, que seriez-vous pour moi, Léonce? le plus aimable, le plus séduisant des hommes ; mais ce n'est point par ces charmes seuls que mon coeur eût été subjugué.
Source : Gallica

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein Oeuvres complètes de Mme la baronne de Staël… (1838)

Pour moi, j'ai passé cette nuit sans fermer l'oeil : infortunée que je suis! un esprit éclairé, quand l'ame est passionnée, ne fait que du mal; je ne puis, comme Thérèse, adopter aveuglément toutes les croyances qui remplissent son imagination, et mon coeur en aurait besoin. J'invoque une terreur, un fanatisme, une folie, un sentiment, quel qu'il soit, assez fort pour lutter contre l'amour. Quelquefois je suis prête à vous conjurer de venir ici; je voudrais m'en remettre à vous sur mon sort, vous parleriez à Léonce, vous le verriez, et vous me jugeriez.
Source : Gallica

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