Résumé

Albertine-Adrienne Necker de Saussure Oeuvres complètes. précédées d'une notice sur le caractère et les écrits de Mme de Staël… (1820-1821)

Rien dans l'univers n'égale ton esprit ni ton cœur. A la source divine où tes sentimens sont puisés , tout est amour et vérité. Corinne, Corinne, ah ! je ne puis te quitter. Je sens mon courage défaillir. Si tu ne me soutiens pas, je ne partirai point; et c'est de toi qu'il faut que je reçoive la force de t'affliger ? — Eh bien ! dit Corinne , encore quelques instans, avant de recommander mon âme à Dieu, pour qu'il me donne la force d'entendre sonner l'heure fixée pour ton départ. Nous nous sommes aimés, Oswald, avec une tendresse profonde.
Source : Gallica

Albertine-Adrienne Necker de Saussure Oeuvres complètes. précédées d'une notice sur le caractère et les écrits de Mme de Staël… (1820-1821)

Il est également vrai que j'ai beaucoup de facultés de bonheur ; je sens quelquefois en moi comme une fièvre de pensées, qui fait circuler mon sang plus vite. Je m'intéresse à tout; je parle avec plaisir; je jouis avec délices de l'esprit des autres, de l'intérêt qu'ils me témoignent, des merveilles de la nature, des ouvrages de l'art que l'affectation n'a point frappés de mort. Mais seroit-il en ma puissance de vivre quand je ne vous verrois plus?
C'est à vous d'en juger, Oswald, car vous me connoissez mieux que moi-même
Source : Gallica

Albertine-Adrienne Necker de Saussure Oeuvres complètes. précédées d'une notice sur le caractère et les écrits de Mme de Staël… (1820-1821)

Corinne le fit transporter chez elle, et se mit à genoux à côté de lui, l'entoura des parfums qui devoient le ranimer , et l'appeloit avec un accent si tendre, si passionné, que la vie devoit revenir à cette voix. Oswald l'entendit, rouvrit les yeux, et lui serra la main.
Se peut-il que pour jouir d'un tel moment, il ait fallu sentir les angoisses de l'enfer!
Pauvre nature humaine ! Nous ne connoissons l'infini que par la douleur ; et dans toutes les jouissances de la vie, il n'est rien qui puisse compenser le désespoir de voir mourir ce qu'on aime.
Source : Gallica

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