Résumé

Portrait de Charles Mérouvel Charles Mérouvel La Vertu de l'abbé Mirande, moeurs parisiennes… (1879)

En conscience, oui, j'aurais fait comme son amie. C'est une voix intérieure qui m'eût commandé d'agir ainsi et je l'aurais écoutée. Ni les prières, ni les larmes, ni les menaces de mort, ni le désespoir ne m'auraient ébranlée. Mais, je t'en prie, laissons ce sujet. Oublions-le et ne pensons qu'à nous. La vie est courte et nous ne sommes pas assez riches d'heures riantes pour en jeter par la fenêtre.
L'abbé se releva.
Ses yeux brillaient d'une flamme sombre. Il dévora Valentine du regard.
– Nous avons perdu un temps précieux à parler des
autres au lieu de songer à nous, dit-il.
Source : Gallica

Portrait de Charles Mérouvel Charles Mérouvel La Vertu de l'abbé Mirande, moeurs parisiennes… (1879)

Si vous m'aimiez, Valentine, et vous m'aimerez un jour, je ne l'imiterais pas dans son indifférence. Jaloux de votre possession, je vous enfermerais dans un paradis où rien ne vous manquerait, où tous vos désirs, à peine conçus, seraient réalisés. Je tâcherais d'en faire un Eden plein de fleurs, de soleil et de lumière. Vous n'en sortiriez qu'à mon bras, car je serais orgueilleux de votre beauté comme un roi de sa couronne. Une femme qui vous ressemble est le plus magnifique luxe
des princes de ce monde, qu'ils le soient devenus par la grâce de leur naissance ou par la puissance de l'or.
Source : Gallica

Portrait de Charles Mérouvel Charles Mérouvel La Vertu de l'abbé Mirande, moeurs parisiennes… (1879)

C'est là mon seul crime.
Pardonnez-le-moi au nom de nos années de paix et de félicité !
– Jamais, s'écria-t-elle, et je ne vous reverrai plus. Il adviendra de moi ce que Dieu voudra, mais quand je devrais me prostituer dans la rue, me jeter dans la Seine ou me briser la tête sur le pavé, je préfère tout à votre amour.
Il se traîna à ses pieds, lui adressa toutes sortes de supplications. Il plaida sa cause avec toutes les ardeurs de son âme. C'est un homme ! Il a le génie de la parole et sa persuasion est infinie parce qu'elle vient du coeur.
Source : Gallica

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