Résumé

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Les Mille et une nuits parisiennes… (1879)

Il n'y a pas de bonheur sans chiffres. – Dans les autres nations l'homme ne s'inquiète pas du lendemain ; pour lui l'amour – est de l'argent comptant, la dot c'est la beauté, c'est le coeur, c'est l'esprit ; mais en France on a peur du lendemain comme d'un créancier ; on ne songe pas à capitaliser son bonheur, mais on songe à capitaliser ses revenus. On s'arrange – dans sa vie comme dans une forteresse qu'on ne veut pas laisser prendre par la misère. On a si peur de la mauvaise fortune qu'on ne laisse pas de place à la bonne fortune ; l'argent fait faire plus de lâcheté que l'amour lui-même.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Les Mille et une nuits parisiennes… (1879)

Le diable redevint mélancolique.
– Ah ! l'an passé, dit-il, j'ai été trop bon diable !
Le marquis de Satanas me conta encore mot à mot l'histoire de l'évocation que je savais mal, comme tout le monde.
– Comme j'ai mal joué mon jeu ! dit-il, c'est un caractère, cette fille. Au bout de quelques jours elle m'a mis à la porte. Contre la résistance d'une femme il n'y a pas de force – si elle n'aime pas. – Et Jeanne d'Armaillac ne m'aimait pas. – Elle a mieux fait que de mettre Dieu entre elle et moi, elle a mis sa fierté. La fierté d'une femme, si elle n'aime pas, est une montagne inaccessible.
Source : Gallica

Portrait de Arsène Houssaye Arsène Houssaye Les Mille et une nuits parisiennes… (1878)

Jeanne remarqua l'émotion de Martial.
– Et voilà pourquoi vous me faites la cour aujourd'hui !
– Que voulez-vous, une femme n'a pas le droit d'être jalouse du passé, parce que tout amour est un renouveau : le coeur a ses saisons comme la nature.
– Oui, vous voudriez bien que je vous fasse un printemps après l'hiver.
– Oui, qui que vous soyez, je vous sens belle pour mes yeux, vous me charmez à travers votre masque. Aimez-moi une heure, un jour, un siècle, je vous jure, sur mon âme, que je ne vous quitterai plus d'un pas et que je mourrai à vos pieds.
Source : Gallica

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