Résumé

Anonyme Amélie, ou Les Écarts de ma jeunesse (1797-1798)

Les traits divins dont la nature a pris plaisir à t’orner, ont fait sur mon cœur une impression si vive, que je ne suis plus maître d’en contenir les transports. La nature en vain se pare de ses plus beaux ornements pour embellir les lieux que nous habitons : l’étude même, qui faisait autrefois mes délices, et dont je sens la nécessité, n’a plus de charmes pour moi. Toi seule occupes mon âme tout entière. Je t’aime enfin, ma chère Amélie, et rien n’égale ma tendresse pour toi.
— Je t’aime aussi de bien bon cœur, et mon amitié pour toi, mon cher Georges, est un de mes plus grands plaisirs.
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Anonyme Amélie, ou Les Écarts de ma jeunesse (1797-1798)

Plein de cette idée dont les charmes enflammèrent mon imagination, je quittai l’ami qui m’accompagnait, et je courus sur les pas de celle qui m’entraînait malgré moi.
— Oh ! qui que vous soyez, cruelle inconnue, lui dis-je en l’abordant, ne désespérez pas un cœur longtemps noyé dans ses larmes, au moment où il vient de se rouvrir à l’espérance : parlez, de grâce ; êtes-vous l’adorable Amélie, cette amante infortunée, sans laquelle la vie m’est insupportable ?
— Vous l’aimez donc toujours ? répond le masque, et l’absence n’a pas diminué cette ardeur que je vous ai connue ?
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Anonyme Amélie, ou Les Écarts de ma jeunesse (1797-1798)

Persuadée, par ses ardentes caresses, que l’illusion avait été complète, je me vis alors en possession du cœur de ce nouvel amant, et je crus que rien ne troublerait le bonheur que j’espérais enfin fixer auprès de moi ; mais c’est en vain que l’homme se flatte : un rien suffit pour détruire ses espérances. Je n’avais pas réfléchi qu’en bannissant du cœur de Lelio une femme qui, avant moi, y régnait en souveraine, j’avais allumé le flambeau de la vengeance, et que, pendant que je donnais des lois, on s’occupait à détruire mon pouvoir.
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