Résumé

Anonyme Julie philosophe ou le Bon patriote (1791)

Une suite ininterrompue de jouissances fatigue l’homme et fait naître l’ennui, ce poison de la vie, plus redoutable que la peine ; il n’est donc point de bonheur parfait, puisque ce que nous appelons bonheur cesse d’être tel dès qu’il est continu ; ainsi à mon avis, il vaut encore mieux souffrir que de s’ennuyer, vu que la peine n’exclut point la jouissance, qu’elle en augmente même l’attrait, au lieu que la tiédeur de l’ennui suppose une espèce d’incapacité de jouir, un défaut d’énergie nécessaire pour goûter le plaisir, enfin le dégoût de la jouissance.
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Anonyme Julie philosophe ou le Bon patriote (1791)

Pleins de respect pour un sexe qui savait encore le mériter, ils ne cherchaient à plaire que par leurs soins et leur tendresse, et en affrontant les dangers, en s’exposant mille fois à la mort ; l’idée que la dame de leurs pensées serait instruite de leurs valeureux efforts, était déjà pour eux la plus belle récompense ; enfin c’était par une suite ininterrompue de hauts faits et de dévouement amoureux qu’ils parvenaient au cœur de leurs maîtresses, et le chemin de la gloire et de l’honneur les conduisait d’un même pas au temple de l’amour et de l’immortalité.
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Anonyme Julie philosophe ou le Bon patriote (1791)

Assez éloignés de l’indigence pour pouvoir cultiver leur esprit, mais trop éloignés de l’opulence et des grandeurs pour se laisser corrompre le cœur, pour se livrer aux vices qui en sont la suite, ils vivent tranquillement sans connaître les tourments de l’ambition ni les suggestions souvent perverses de la nécessité ; sans connaître l’envie ni la jalousie, ils sont animés d’une noble émulation ; comme le désir d’augmenter leur bien-être est un aiguillon puissant, et que l’estime publique est pour eux un moyen de réussite, ils marchent d’un même pas à la fortune et à la considération.
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