Anonyme, Julie philosophe ou le Bon patriote (1791)
“ Une suite ininterrompue de jouissances fatigue l’homme et fait naître l’ennui, ce poison de la vie, plus redoutable que la peine ; il n’est donc point de bonheur parfait, puisque ce que nous appelons bonheur cesse d’être tel dès qu’il est continu ; ainsi à mon avis, il vaut encore mieux souffrir que de s’ennuyer, vu que la peine n’exclut point la jouissance, qu’elle en augmente même l’attrait, au lieu que la tiédeur de l’ennui suppose une espèce d’incapacité de jouir, un défaut d’énergie nécessaire pour goûter le plaisir, enfin le dégoût de la jouissance. ”
