Jacques-Henri Meister

Résumé

Jacques-Henri Meister,  Betzi

“ L’imagination d’Eglof est plus calme, plus asservie au lien qui vous enchaîne tous deux. Séligni, combien mon ame était attachée à la tienne, lorsqu’il tâcha de partager un cœur qu’il avait trop bien jugé qu’il était impossible d’enlever à ton amour, ses desirs et sa tendresse ! Sa tendresse fut toujours fort au-dessus de ses desirs ; sa tendresse et ses desirs n’eurent jamais l’illusion à laquelle la plupart des hommes mettent un si grand prix. Tu sus m’aimer toi-même, Séligni, sans jouir d’abord du charme de cette erreur ”
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Jacques-Henri Meister,  Betzi

“ Sans me faire une illusion trop flatteuse il m’était impossible de ne pas sentir combien j’étais devenue nécessaire au bonheur de l’un et de l’autre. Je n’examinai point lequel mon cœur eût préféré si le choix n’avait dépendu que de mon penchant ou de son caprice ; j’examinai plutôt auquel des deux je devais le plus de reconnaissance et le plus de pitié : Séligni n’avait-il pas tout fait pour mon bonheur ? Mais n’avais-je pas obtenu d’Eglof de plus grands sacrifices ? Plus heureuse la maîtresse de l’un, je crus que je le serais plus sûrement l’épouse de l’autre. ”
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Jacques-Henri Meister,  Betzi

“ Il s’était persuadé qu’on ne pouvait jamais éprouver qu’une grande passion dans sa vie, que les premiers symptômes de tout sentiment profond devaient toujours être les mêmes, qu’il n’existait enfin sous l’empire de l’amour qu’une manière de perdre sa raison et sa liberté, tandis qu’il en est mille, ou plutôt que personne n’en saurait assigner le nombre. Il était loin sut-tout de calculer le prodigieux ascendant que prend sur une âme sensible un goût vif heureux, lorsqu’il est soutenu de tout le charme de la confiance, de tout le pouvoir d’une douce habitude ”
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