Jakob Heinrich Meister

Résumé

Jakob Heinrich Meister De la Morale naturelle. Nouvelle édition (1788)

N'en est-il pas qui, loin de nuire à la vertu, ne servent qu'à la rendre tout à-la-fois plus puissante et moins redoutable ?
Tout mensonge, dès qu'il m'est personnellement utile, me paraît une bassesse, et sans exception; mais j'ai plus d'indulgence , je l'avoue, pour ceux qui n'ont d'autre objet que d'être plus utile ou plus agréable aux autres.
La vérité morale, a dit Rousseau, n'est pas ce qui est, mais ce qui est bien ; ce qui est mal ne devait point être, et ne doit point être avoué, sur-tout quand cet aveu lui donne un effet qu'il n'aurait pas eu sans cela.
Source : Gallica

Jakob Heinrich Meister De la Morale naturelle. Nouvelle édition (1788)

Se bien juger soi-même est sans doute une règle indispensable pour se bien conduire , mais montrer avec plus ou moins de retenue l'opinion qu'on est en droit d'avoir de son mérite, c'est plutôt, ce me semble , un acte de prudence que de vertu.
J'ai vu des hommes du plus
rare mérite l'allier à la plus touchante modestie, d'autres au plus noble orgueil, et je n'ai pas moins pu croire à la vertu des uns qu'à la vertu des autres. La modestie pourrait donc bien n'être qu'un résultat du caractère, de l'habitude, de l'éducation, assez indifférente dans le fond au mérite réel.
Source : Gallica

Jakob Heinrich Meister De la Morale naturelle. Nouvelle édition (1788)

Sous tous les rapports où l'homme est naturellement facile et faible, il est à désirer sans doute qu'il dépende ; sa dépendance alors est un lien sur lequel il s'appuie et se repose. Telle est la dépendance où l'on est d'une loi sage, d'un gouvernement plein de justice et d'équité, d'une amitié fondée sur la confiance et l'estime, d'un amour plein de passion et de respect.
Il est toujours malheureux de dépendre de ses semblables; mais il est encore plus certain qu'en voulant déchirer des liens qu'on ne saurait rompre, on les resserre davantage.
Source : Gallica

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