Résumé

Portrait de Madame de Staël Madame de Staël De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations

Ah! qu'il est beau ce sentiment qui, dans l'âge avancé, fait éprouver une passion peut-être plus profonde encore que dans la jeunesse; une passion qui rassemble dans l'âme tout ce que le temps enlève aux sensations; une passion qui fait de la vie un seul souvenir, et, dérobant à sa fin tout ce qu'a d'horrible l'isolement et l'abandon, vous assure de recevoir la mort dans les mêmes bras qui soutinrent votre jeunesse et vous entraînèrent aux liens brûlants de l'amour! Quoi! c'est dans la réalité des choses humaines qu'il existe un tel bonheur, et toute la terre en est privée
Source : Gutenberg

Portrait de Madame de Staël Madame de Staël De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations

Ah! tous ces écrivains, ces grands hommes, ces conquérants s'efforcent d'obtenir une seule des émotions que l'amour jette comme par torrent dans la vie; des années de peines et d'efforts leur valent un jour, une heure de cet enivrement qui dérobe l'existence; et le sentiment fait éprouver, pendant toute sa durée, une suite d'impressions aussi vives et plus pures que le couronnement de Voltaire, ou le triomphe d'Alexandre.
C'est hors de soi que sont les seules jouissances indéfinies. Si l'on veut sentir le prix de la gloire, il faut voir celui qu'on aime honoré par son éclat
Source : Gutenberg

Portrait de Madame de Staël Madame de Staël De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations

L'amour-propre, que la société, que l'opinion publique a réuni fortement à l'amour, se fait à peine sentir dans la situation des hommes vis-à-vis des femmes: celle qui leur serait infidèle s'avilit en les offensant, et leur coeur est guéri par le mépris. La fierté vient encore aggraver dans une femme les malheurs de l'amour; c'est le sentiment qui fait la blessure, mais l'amour-propre y jette des poisons. Le don de soi, ce sacrifice si grand aux yeux d'une femme, doit se changer en remords, en souvenir de honte, quand elle n'est plus aimée
Source : Gutenberg

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