Bruno de Furcy

Résumé

Bruno de Furcy Physiologie du billet doux (1840)

Peu d'hommes sont faits pour goûter ce bonheur pur, cette délicieuse monotonie de l'amour, qui n'existe que pour ceux dont toutes les pensées résonnent à l'unisson, qui n'ont qu'une ame et un cœur, et auxquels il ne reste plus de facultés que pour contempler , aimer, désirer, sentir. Mais pour qui a su atteindre à cette perfection de l'amour et de l'accord des êtres, le temps ne passe point, la jeunesse dure toujours; ils aiment, et aimer, c'est commencer de vivre au-delà de cette vie passagère, c'est
se soustraire au temps qui s'enfuit, c'est anticiper sur l'immortalité.
Source : Gallica

Bruno de Furcy Physiologie du billet doux (1840)

« Te souvient-il de cette heure entière que nous passâmes à parler paisiblement de notre amour et de cet avenir obscur et redoutable, par qui le présent nous était encore plus sensible. J'étais tranquille, et pourtant j'étais près de toi : je t'adorais et ne désirais rien ; je n'imaginais pas même une autre félicité que de sentir ainsi ton visage auprès du mien , ta respiration sur ma joue et ton bras autour de mon cou. Quel calme dans tous mes sens! Quelle volupté pure, continue, universelle! Le charme de la jouissance était dans l'ame, il n'en sortait plus, il durait toujours. »
Source : Gallica

Bruno de Furcy Physiologie du billet doux (1840)

Le corps est ébranlé et frissonne comme la feuille qu'agite l'aquilon ; les yeux n'ont ni larmes ni regards , la bouche reste sans voix, un froid glacial resserre le cœur et l'engourdit.
C'est dans ces grands orages de l'amour qu'apparaissent les billets-désespoir. Ils ressemblent peu aux autres billets doux, dont ils ne sont frères que parce qu'ils sont comme eux la manifestation de l'amour. Ils n'ont ni les grâces de l'expression, ni l'émotion vive et touchante qui fait leur parure ordinaire. Dans les
grandes douleurs, l'esprit se retire, le génie reste muet, l'art est impuissant.
Source : Gallica

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