vicomte de Gabriel Joseph de Lavergne Guilleragues, Lettres portugaises
“ Tout ce que j’ai de plus précieux ne devoit-il pas être en votre disposition ? Et ne dois-je pas être bien aise de l’avoir employé comme j’ai fait ? Il me semble même que je ne suis guère contente, ni de mes douleurs, ni de l’excès de mon amour, quoique je ne puisse, hélas ! me flatter assez pour être contente de vous. Je vis, infidèle que je suis, et je fais autant de choses pour conserver ma vie que pour la perdre ! Ah ! j’en meurs de honte ; mon désespoir n’est donc que dans mes lettres ? Si je vous aimois autant que je vous l’ai dit mille fois, ne serois-je pas morte il y a longtemps ! ”
