Claude-Prosper de Crébillon

Résumé

Claude-Prosper de Crébillon Lettres de la marquise de M*** au comte de R***… (1767)

Dans l'état où je fuis, ne devriez- vous pas me consoler ? avez-vous perdu pour moi jusqu'aux sentimens d'humanité ? Vous ne devez pas douter que je ne fois accablée
de la plus cruelle douleur ; & vous restez éloigné de moi : Ah ! ne me faites pas voir tout mon malheur : que je puisse me flatter du mom& que vous me perdez avec quelque regret ! Avec tant d'amour, mérité-je tant d'indifférence ?
Source : Gallica

Claude-Prosper de Crébillon Lettres de la marquise de M*** au comte de R***… (1767)

Plus il est déchiré ce cœur , plus il se remplit de vous. Ah ! fouvenir trop douloureux ! momens passés dans les plaisirs ! momens perdus à jamais ! pourquoi vous offrez vous à ma mémoire ? Vainement, je veux les en bannir , ils me suivent par- tout. Si le sommeil au milieu de mes larmes, ferme un moment mes yeux, ne croyez pas qu'il foit pour moi un repos ; mes malheurs en deviennent plus vifs , votre image occupe d'abord mes sens ; je vous vois sensible ; vous partagez ma douleur ; j'ai le plaisir de pleurer avec vous ; j'entends votre voix
Source : Gallica

Claude-Prosper de Crébillon Lettres de la marquise de M*** au comte de R***… (1767)

Toûjours maître de vous , vous n'êtes jamais que spectateur des transports que vous faites naître. Je vous vois pensis & rêveur dans des momens qui ne font faits que pour éteindre la raison , & où sans cesse vous me rappellez à la mienne. Vous vous passionnez pour des plaisirs que vous ne ressentez pas ; & si quelquefois vous feignez des désirs, ce n'est que par vanité , ou par ennui. Vous me dites souvent les choses du monde les plus animées ; &, vos yeux immobiles ou
distraits, démentent toûjours votre bouche.
Source : Gallica

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