Jean-Charles Gervaise de Latouche

Jean-Charles Gervaise de Latouche

Résumé

Portrait de Jean-Charles Gervaise de Latouche Jean-Charles Gervaise de Latouche Mémoires de Mademoiselle de Bonneval

Que ne pouvez-vous lire dans mon cœur ? Que ne puis-je moi-même lui peindre avec les couleurs les plus vives, toutes les passions dont il est le théâtre... ? Je m’égare ; la passion est plus forte que ma raison. Hélas ! Pourquoi Mademoiselle de Bonneval m’a-telle tiré d’erreur ; je la croyois mon ennemie, je combattois ma passion ; j’en aurois peut-être triomphé ; mais elle m’apprend qu’elle m’aime au moment qu’elle jure au pied de l’Autel de n’en aimer jamais d’autre que mon Rival. Adieu, Monsieur, continua-t-il en se levant ; j’ai honte de vous avoir montré tant de foiblesse.
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Vains projets que le désespoir faisoit naître ; & que la foiblesse de mon cœur démentit bientôt !
Je partis sans chercher à m’éclaircir sur mon sort : je voulus emporter toute la haine que je croyais avoir pour Mademoiselle de Bonneval. Haine délicieuse, m’écriai-je, tu vas régner souverainement dans mon cœur, prens-y la place de l’amour, peins-moi avec les traits les plus piquans les mépris dont on a payé ma tendresse, retrace-les sans cesse à mon cœur ! Ces expressions vous paraîtront extraordinaires ; mais en est-il d’assez fortes pour exprimer fidèlement ce qu’inspire un amour outragé ?
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Mais, Madame, vous sçavez qu’on n’aime pas par choix, les caprices du cœur sont les tyrans de la raison : Je devrois rougir de faire encore éclater à vos yeux un amour qui vous offense ; mais si j’avois assez de pouvoir pour le modérer, j’en aurois eu assez pour résister à ce qui le cause.
Éclatez, Madame, en reproches ; mon cœur est un ingrat qui le mérite. Non, Barneuil, reprit-elle avec bonté, je ne vous en ferai pas ; on n’est aveugle qu’autant qu’on le veut bien être, les foiblesses de l’amour ne ont pas à l’épreuve de la réflexion, on sçait les vaincre quand on veut les combattre
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