Jacques-Henri Meister

Élements biographiques

Jacques-Henri Meister,  De la morale naturelle

“ J’ai le malheur d’entendre comment tant de religions, ou pusillanimes, ou sanguinaires, ou tout à-la-fois l’un et l’autre, ont pu rendre la religion odieuse à de vrais amis de l’humanité : mais comment oublier qu’une religion simple et pure est le plus ferme appui de la faiblesse humaine ; qu’elle rend la vertu plus sublime et plus touchante ; qu’elle soulage l’infortune ; qu’elle inspire au malheur un courage surnaturel ; qu’à l’espérance, la première et la dernière illusion de la vie, elle donne l’éternité en partage ? Ô sublimes idées de l’Être suprême et d’une existence éternelle ! ”
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Jacques-Henri Meister,  Betzi

“ C’est justement pour cette raison que le bon Séligni pensait lui-même être à la fin du roman de sa vie. Ce qu’il craignait le plus, c’était de se laisser séduire par de nouvelles illusions. Il avait aimé de si bonne foi ; l’être qu’il adorait encore méritait cet hommage à tant de titres, avait eu tant de vertus et de charmes, l’avait rendu tour-à-tour si parfaitement heureux et si parfaitement malheureux, que son âme remplie de souvenirs délicieux et de regrets déchirans, eût regardé l’idée seule d’un autre amour comme une sorte d’impiété, s’il l’eût imaginé possible. ”
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Jacques-Henri Meister,  De la morale naturelle

“ Lorsque cette passion ne s’empare pas d’une ame vile ou d’un cœur féroce, quel plus sublime ressort de la grandeur humaine ? Elle étend notre être jusqu’aux limites du monde, et lui fait embrasser tous les siècles ; elle rapporte tout à soi, mais elle se rapporte elle-même à tout.
Si c’est une des passions les plus utiles et les plus funestes au bien de la société, il est encore plus sûr qu’elle fait bien rarement le bonheur de celui qu’elle domine. Il est de sa nature de voir sans cesse au-delà du but, et par conséquent, de ne jamais pouvoir se satisfaire.
”
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