Anonyme

Résumé

Anonyme L’Étourdi, 1784 (1784)

J’avais un cœur pour la douleur ; il ne fut que pour le plaisir, & l’amour & l’espoir, alimens de l’ame, vinrent ranimer la mienne prête à dépérir.
Qui m’eût dit quelques instans auparavant que j’oublierais l’aimable de Therfort, j’aurais été capable de le poignarder. Mais notre fragilité ne dépend que trop des circonstances où nous nous trouvons. Aussi n’ai-je jamais fait aux femmes un crime de leur légéreté. La fidélité n’est qu’une vertu inutile, elle cesse même d’être vertu quand, loin de nous rendre heureux, elle altere notre bonheur.
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Anonyme L’Étourdi, 1784 (1784)

L’amitié me reprochait tout ce qu’avait de répréhensible, ma passion naissante ; l’amour, les charmes d’Euphrosine ne m’y montroient rien de coupable. Dois-je me livrer, me disais-je, au plaisir de l’aimer, au préjudice de la confiance de mon camarade ; ce plaisir & quelque espoir balanceront-ils les sentiments que je dois seul écouter, & tout ce que la beauté a de plus brillant, peut-il avoir sur mon cœur les droits que l’amitié impose. Non, elle aura toujours les siens ; l’amour, Vénus, ne sauraient les lui faire perdre.
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Anonyme L’Étourdi, 1784 (1784)

Cruelle Lucie ! que m’apprenez-vous ? Quelle triste lumiere venez-vous porter dans mon cœur ? Vous deviez essuyer mes pleurs, vous les faites couler de nouveau ; pourquoi me faire envisager toutes les peines que ma tendresse pour le Chevalier me prépare ; je trouve cependant une douceur infinie à m’y livrer ; & je ne sais pas si j’ai gagné à soulever le bandeau de l’amour, & s’il ne vaut pas mieux tenir à une illusion qu’on chérit, que de toucher à une réalité désagréable.
Ah ! qu’il est cruel pour une ame sensible d’avoir intéressé une autre ame délicate & aussi tendre qu’elle même ?
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