Félicité de Choiseul-Meuse

Julie (1807)

Résumé

Félicité de Choiseul-Meuse Julie (1807)

Rêvé-je ? Rosine ici ?
— Pourquoi pâlir ainsi ? demanda ma tante à la tremblante Mélanie. Mais vous, Saint-Albin, ajouta-t-elle avec finesse, depuis quand connaissez-vous Rosine ?
— Oh ! c’est une ancienne connaissance, reprit-il en riant ; mais, encore un coup, par quel hasard se trouve-t-elle ici ?
— Mais ne vous trompez-vous pas ? reprit Rosa sur le même ton ; notre Rosine est-elle bien la vôtre ?
— Oh ! c’est bien la mienne, madame, je puis vous l’assurer ; au surplus, mon droit n’est pas exclusif, et cela ne l’empêche pas d’être celle de beaucoup d’autres.
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Félicité de Choiseul-Meuse Julie (1807)

Vous aimez donc Camille, demandai-je avec inquiétude ?
Moi, point du tout, je vous assure ; mais mon amour-propre est blessé de n’avoir pour amant qu’un homme ordinaire, tandis que le vôtre est fait pour vous attirer l’envie de toutes les femmes.
Je plaignis Dorval, je me plaignis plus encore. Le changement de Céline ne me présageait rien de bon, et j’en aurais été jalouse si j’avais pu l’être de mon amie ; mais je l’aimais si tendrement, que j’aurais donné pour elle tous les Camille de l’univers.
Nous eûmes encore plusieurs entrevues dans le bois ; chaque jour j’aimais Camille davantage.
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Félicité de Choiseul-Meuse Julie (1807)

C’est l’écueil de la vertu ; l’amant qui verse à grands flots ce nectar des humains, et toujours sûr de la victoire, Lorsque l’Amour trouve un cœur rebelle, lorsqu’il a vainement épuisé son carquois, il trempe une de ses flèches dans cette liqueur pétillante. Dès qu’on en est atteinte, le cœur s’enflamme, l’œil étincelle, et l’on brûle d’éteindre dans les plaisirs le feu dont on est dévoré.
Cécile, que sans doute son rôle n’amusait pas, s’était échappée sans que je m’en aperçusse. Camille me le fit remarquer avec un sourire malin.
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