Pierre Choderlos de Laclos,
Les Liaisons dangereuses
“ Je vous en conjure, ma chère amie, voyez-le d’un œil plus favorable. Songez qu’il est mon ami, qu’il veut être le vôtre, qu’il peut me rendre le bonheur de vous voir. Si ces raisons ne vous ramènent pas, ma Cécile, vous ne m’aimez pas autant que je vous aime, vous ne m’aimez plus autant que vous m’aimiez. Ah ! si jamais vous deviez m’aimer moins, il me serait bien plus facile d’en mourir que de m’en consoler. Mais non, le cœur de ma Cécile est à moi, il y est pour la vie ; & si j’ai à craindre les peines d’un amour malheureux, sa constance au moins me sauvera les tourments d’un amour trahi. ”

