Sophie Cottin

Sophie Cottin

Résumé

Portrait de Sophie Cottin Sophie Cottin Claire d’Albe (1798)

Ah ! quand on est la cause d’une pareille douleur, et que c’est un ami qui souffre, dis, Élise, n’a-t-on pas une excuse pour la faiblesse que j’ai montrée ?... J’étais si près de lui... J’ai senti l’impression de ses lèvres qui recueillaient mes larmes. À cette sensation si nouvelle j’ai frémi, et repoussant Frédéric avec force : « Malheureux ! me suis-je écriée, oublies-tu que ton bienfaiteur, que ton père est l’époux de celle que tu oses aimer ! Tu serais un perfide, toi ! Ô Frédéric ! reviens à toi, la trahison n’est pas faite pour ton noble cœur. »
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Portrait de Sophie Cottin Sophie Cottin Claire d’Albe (1798)

Frédéric s’est avancé avec effroi. M. d’Albe, aussi effrayé que lui, m’a remise entre ses bras, pendant qu’il allait chercher des sels dans ma chambre. Le bras de Frédéric était passé autour de mon corps ; je sentais sa main sur mon cœur, tout mon sang s’y est porté : il le sentait battre avec violence. « Claire, m’a-t-il dit à demi-voix, et moi aussi, ce n’est plus que là qu’est le mouvement et la vie... Dis-moi, a-t-il ajouté en penchant son visage vers le mien, dis-moi, je t’en conjure, que ce n’est pas la haine qui le fait palpiter ainsi. »
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Portrait de Sophie Cottin Sophie Cottin Claire d’Albe (1798)

« Ta maman est beaucoup plus aimable, a-t-il répondu ; mais je crois ton papa meilleur, et, à mes yeux, un simple mouvement de bonté l’emporte sur toutes les grâces de l’esprit. — Eh bien ! mon cousin, tu dis comme maman ; elle ne m’embrasse qu’une fois quand j’ai bien étudié, et me caresse long-temps quand j’ai fait plaisir à quelqu’un, parce qu’elle dit que je ressemblerai à mon papa... » Frédéric m’a regardée d’un air que je ne saurais trop définir, puis, mettant la main sur son cœur : « C’est singulier, a-t-il dit à part soi, cela m’a porté là. »
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