Félicité de Choiseul-Meuse

Élements biographiques

Félicité de Choiseul-Meuse Amélie de Saint-Far, ou la fatale erreur

Tel était l’état d’Amélie, lorsque le duc arriva ; il vola près d’elle, sans même demander à voir madame Dumesnil : qu’on juge de ce qu’il éprouva en entendant la femme qu’il adorait, lui adresser un discours passionné où le nom d’Ernest était répété mille fois : Cher amant, lui disait-elle, pardonne un crime involontaire où mon cœur n’eût point de part ; c’est l’odieuse Alexandrine qui m’a livrée ; sans elle, ton Amélie, toujours pure, toujours digne de toi, n’aurait jamais eu de larmes à répandre ; n’aimant que toi, ne vivant que pour toi, elle n’aurait connu que des jours heureux.
Source : Wikisource

Félicité de Choiseul-Meuse Julie (1807)

Si Bellegrade posait la main sur mon cœur, c’était parce que son battement précipité lui prouvait mon amour : s’il me donnait un baiser, c’était pour unir son âme à la mienne. Il me pressait sur son sein ; mais n’y presse-t-on pas sa sœur ? Un jour que, seuls dans mon boudoir, nous nous livrions à ces douces extases, je mis dans mes discours plus de feu qu’à l’ordinaire, plus d’amour dans mes caresses : l’heureux désordre qui régnait dans ma parure était un chef-d’œuvre de l’art ; tout en moi excitait le désir, et rien n’effarouchait la pudeur.
Source : Wikisource

Félicité de Choiseul-Meuse Julie (1807)

Bellegrade s’empresse de me guérir. Respect, vertu, délicatesse, quel est donc votre pouvoir, si l’image, de la volupté suffit pour vous anéantir !
Bellegrade ne se connaît plus, il éprouve un vrai délire : il me couvre partout de ses brûlans baisers, il m’embrase de ses caresses. Bientôt mon ivresse est égale à la sienne, je le presse contre mon cœur, je lui prodigue les noms les plus doux ; mes transports redoublent son audace, il a franchi toutes les barrières, le sacrifice va se consommer. Je m’écrie d’une voix mourante : Bellegrade, sois mon époux !...
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature