Antoine Bret

Résumé

Antoine Bret La Belle Alsacienne (1745)

Comme il n’a obligation de son bonheur qu’à notre choix, et que ce choix se trouve libre, il n’en est que plus sincèrement aimé. Le cœur d’une femme aime l’indépendance ; rendre heureux quelqu’un qui a droit de prétendre à nos grâces, ce n’est plus un bienfait, c’est une dette que l’on acquitte ; il n’est point du tout agréable de payer ses dettes, je m’en rapporte à l’expérience journalière ; on donne plus volontiers qu’on ne rend ; c’est que notre âme est fière et que sa vanité se trouve flattée d’être généreuse.
Source : Wikisource

Antoine Bret La Belle Alsacienne (1745)

Je n’avais jamais vu de regards comme ceux-là ; son âme tout entière ne paraissait occupée qu’à peindre l’ardeur de la passion dont elle était dévorée. La mienne en fut émue ; une expression si naïve de l’effet de l’amour me toucha davantage que n’auraient fait les transports les plus vifs.
— Monsieur, lui dis-je, venez vous asseoir près de moi.
Il ne me répondit qu’en se précipitant à mes genoux ; une de mes mains, dont il s’empara, fut d’abord en proie à la fureur de ses caresses ; mais son cœur, pressé par le besoin d’aimer, chercha bientôt d’autres objets de ses hommages.
Source : Wikisource

Antoine Bret La Belle Alsacienne (1745)

Comme j’ai obligation de toutes mes vertus et de toute ma gloire aux soins de ma mère pour mon éducation, je serais coupable d’une affreuse ingratitude si, par négligence à la faire connaître, je la privais des éloges dus à ses talents et à son expérience.
Il ne tiendrait qu’à moi de me donner une origine illustre. Le clergé, la robe et l’épée ne m’offrent-ils pas, ainsi qu’à bien d’autres, de quoi vernir l’obscurité de ma race ? Mais je ne prétends pas en imposer. Ambitieuse et vaine, ma vanité n’a pas pour objet les tristes brillants et les avantages d’une naissance chimérique.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature