Claude-Prosper de Crébillon, Le Sopha : conte moral (1894)
“ Nassès ! quel ne fut pas mon plaisir , quand dans les soins respectueux , quoique empressés , de ce que j' adorais , je connus que j' étais aimée ! Quel trouble ! Quels transports ! Avec quel ménagement , quels égards , ne m' apprenait -il pas sa passion ! Quelle douleur d' être obligée de contraindre la mienne ! Que vous êtes heureux , Nassès ! de pouvoir au premier mouvement dont votre âme est agitée , l' apprendre à l' objet qui le cause ; de ne pas connaître cette dissimulation si nécessaire pour nous conserver votre estime , mais si pénible pour un cœur tendre ! ”
