Claude-Prosper de Crébillon

Résumé

Claude-Prosper de Crébillon Le Sopha : conte moral (1894)

Nassès ! quel ne fut pas mon plaisir , quand dans les soins respectueux , quoique empressés , de ce que j' adorais , je connus que j' étais aimée ! Quel trouble ! Quels transports ! Avec quel ménagement , quels égards , ne m' apprenait -il pas sa passion ! Quelle douleur d' être obligée de contraindre la mienne ! Que vous êtes heureux , Nassès ! de pouvoir au premier mouvement dont votre âme est agitée , l' apprendre à l' objet qui le cause ; de ne pas connaître cette dissimulation si nécessaire pour nous conserver votre estime , mais si pénible pour un cœur tendre !
Source : Gallica

Claude-Prosper de Crébillon Le Sopha : conte moral (1894)

Un mortel plus heureux a déjà développé dans le cœur de Zéïnis ce germe de tendresse que la nature y a mis . C' est son image , non mon ardeur , qui l' a enflammée ; elle connaît l' amour , elle en a parlé ; elle semblait , au milieu de son trouble , être occupée du soin de rassurer un amant qui peut-être est accoutumé à porter entre ses bras et ses craintes et son inquiétude . Ah ! Zéïnis ! s' il est vrai que vous aimiez , que , dans l' état où m' a mis la colère de Brahma , mon sort va devenir horrible !
Source : Gallica

Claude-Prosper de Crébillon Le Sopha : conte moral (1894)

Lorsque je songe à quelles beautés Mazulhim a fermé les yeux , que je le plains ! Quoi ! Zulica , dans ces lieux où nous sommes , dans ces mêmes lieux que vos bontés pour moi me rendent aussi chers que celles que vous y avez eues pour lui me les ont d' abord fait trouver odieux , l' ingrat a pu ne pas rougir d' en avoir aimé d' autres , et renoncer pour jamais à son inconstance ! Quel génie , quel Dieu même veillait pour moi , lorsqu' après l' avoir rendu insensible à tant de charmes , il lui inspira le dessein de me choisir pour vous apprendre sa perfidie ? Ah ! Zulica !
Source : Gallica

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