Théophile Gautier,
Œuvres de Théophile Gautier
“ Dans son jardin la sultane se baigne, Elle a quitté son dernier vêtement ; Et délivrés des morsures du peigne, Ses grands cheveux baisent son dos charmant. Par son vitrail le sultan la regarde, Et, caressant sa barbe avec sa main, Il dit : « L’eunuque en sa tour fait la garde, Et nul, hors moi, ne la voit dans son bain. — « Moi, je la vois, lui répond, chose étrange ! Sur l’arc du ciel un nuage accoudé ; Je vois son sein vermeil comme l’orange Et son beau corps de perles inondé. » Ahmed devint blême comme la lune, Prit son kandjar au manche ciselé, Et poignarda sa favorite brune... ”
