“ Fixe ta demeure à Djillik, entre la coupe et la corde des instruments, dans un jardin qui remplit de satisfaction l’ouïe et la vue. Fais jouir tes yeux de la contemplation de ses beautés ; et exerce la pensée entre les parterres et le fleuve. Regarde à Damas les teintes dorées qu’y revêt le soir, et écoute les mélodies des oiseaux sur les arbres. Et dis à celui qui blâme un homme de ses plaisirs : « Laisse-moi ; car à mes yeux, tu ne fais pas partie des êtres humains. » Il dit également à propos de Damas : Cette ville est un paradis dans lequel l’étranger oublie son pays natal. ”
Ibn Battûta
Résumé
Voyages d'Ibn Battûta, rédigés au XIVe siècle, constituent un témoignage unique sur les sociétés islamiques et les pratiques religieuses de l'époque. Ce voyageur marocain, parcourant l'Inde, la Perse et la Mecque, décrit avec précision les rituels, les structures politiques et les mœurs des régions visitées.
À travers des descriptions poétiques de villes saintes et des récits sur les souverains, l'ouvrage combine observations anthropologiques et dévotion religieuse, soulignant l'importance de la mosquée, du sultan et des pèlerinages. L'œuvre, structurée en récits itinérants, reste un trésor inestimable pour comprendre le monde islamique médiéval.
Citations de Voyages (Ibn Battûta)
“ Le sultan du Caire Almélic annâcir (que Dieu ait pitié de lui !) l’honorait considérablement, et faisait passer par ses mains toutes ses aumônes, ainsi que celles de ses émirs. Son fils Chihâb eddîn est un homme de mérite ; il est maintenant kâdhi de la Mecque ; que Dieu l’ennoblisse ! Le prédicateur de la Mecque est l'imâm de la station d’Abraham, sur qui soit le salut ! C’est l’homme disert et éloquent, le phénix de son siècle, Behâ eddîn Atthabary, l’un de ces prédicateurs tels qu’il n’en existe pas de pareil dans tout le monde habité, pour l’éloquence et la lucidité de l’exposition. ”
“ A la gauche des deux Alam, toujours pour celui qui regarde la ca’bah, est la vallée de l’Arâc, où se voit cet arbuste, l’arâc vert, qui s’étend au loin dans le sol. Quand arrive le moment du retour à la Mecque, l’imâm mâlikite fait signe avec sa main, descend de son poste, et la foule se précipite tout d’un coup pour revenir à la Mecque ; de manière que la terre en tremble et les montagnes en sont ébranlées. Oh ! quelle noble station, quel illustre lieu d’assemblée ! Les âmes en espèrent d’heureuses suites, et les désirs se dirigent vers les dons de la miséricorde divine. ”
