François Coppée

François Coppée

Résumé

Portrait de François Coppée François Coppée Revue des Deux Mondes

Le sultan radieux debout sous l’arche sombre.
Khalil, le vieux vizir, le suit à pas discrets;
Et Djem, l’eunuque noir, quelques instans après,
Survient et derrière eux, dans une morne pose,
Il se place, cachant dans un sac quelque chose.
Au seuil de son palais, le sultan fait trois pas;
Et, sur le peuple vil qui grouille et hurle en bas,
Avec tant de mépris son regard se promène
Qu’il force à reculer cette marée humaine.
— Que voulez-vous? dit-il d’un ton terrible et bref.
Mais les séditieux, à la voix de leur chef,
Sentent s’évanouir toute leur insolence.
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Portrait de François Coppée François Coppée Revue des Deux Mondes

L’astre sembla pleurer du sang, comme un visage; Et, tout à coup, l’immense et lointain paysage, Le cirque des coteaux ombragés de forêts, Le port rempli de mâts confus, les minarets D’où les grâces d’Allah sont, la nuit, invoquées, Les coupoles de plomb des massives mosquées, Les marchés, les quartiers de bruit et de travail, Et le sultan debout au seuil de son sérail Où l’étendard aux crins de cheval flotte et bouge, Et la foule, et le ciel et la mer, tout fut rouge Et parut exprimer le présage hideux Des flots de sang qu’allait verser Mahomet Deux !
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Portrait de François Coppée François Coppée Revue des Deux Mondes

À l’aspect de Djola, l’homme au visage horrible
Se voila de ses mains avec un cri terrible ;
Mais elle, retrouvant la vie et la vigueur,
Se jeta tendrement dans ses bras, sur son cœur.
— Mon bien-aimé, dit-elle en parlant la première,
Rassure-toi. Le ciel m’a ravi la lumière.
Tu seras toujours beau pour moi, qui ne vois pas.
Je t’entendrai parler ; tu guideras mes pas ;
Et nul bonheur, ami, n’est comparable au nôtre,
Car nous ne pouvons plus nous passer l’un de l’autre.
Sangor, ivre d’amour, étreignit sa Djola
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