Résumé

A. Barine Mémoires d’une princesse arabe

Le chrétien n’a vraiment pas le sens de la justice, et comme il a perdu, d’autre part, le sens de la honte du travail, il est inutile d’attendre de lui un jugement équitable sur l’esclavage. Qu’il consente du moins à ne le supprimer que peu à peu ; qu’il laisse à l’Arabe le temps de chercher un autre expédient; qu’il renonce surtout à l’idée grotesque de faire accepter la loi du travail par les rois de l’humanité. Ce n’est pas la princesse Salmé qui conseillerait aux siens de courber la tête sous cette loi exécrable.
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A. Barine Mémoires d’une princesse arabe

Rien n’égale l’étroitesse du système, si ce n’est sa puissance. Il façonne depuis plus de dix siècles des cerveaux qui sont comme des forteresses imprenables, des peuples qu’on anéantirait plutôt que d’en obtenir l’abandon d’une parcelle d’eux-mêmes. Il réussit à enfermer la pensée humaine dans des limites précises et sacrées, au-delà desquelles la princesse Salmé a constaté chez nous qu’il n’y a qu’impiété, mauvaise foi, mécontentement de tout ce qui existe.
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A. Barine Mémoires d’une princesse arabe

Un reste de prudence l’empêchant d’en rendre notre religion responsable, elle s’en prend à l’instruction, ce qui revient au même dans sa pensée, puisque c’est accuser nos églises de ne pas avoir su garder, comme la sienne, la direction des esprits et le gouvernement des âmes. Elle accuse notre vaine science d’être la mère de la plupart des maux dans notre société aigrie et corrompue, et elle oppose à nos misères et à nos discordes le riant tableau de la vie d’une femme arabe à Zanzibar, de cet être qui passe chez nous pour l’un des plus dégradés et des plus maltraités de la création.
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