Jehan d' Ivray

Résumé

Jehan d' Ivray Au cœur du Harem (1911)

J’étais jeune, je lui laissai insensiblement prendre une trop grande autorité dans le ménage dont mon père continuait à partager les dépenses. Un jour, je m’aperçus que mon esclave était l’unique maîtresse du logis. J’ai voulu la chasser : mon père serait parti avec elle, et tu sais que chez nous, le chef de famille est un Dieu... Même mon mari n’ose point s’asseoir, ni fumer devant lui, sans qu’il l’y invite. Des années ont passé, et maintenant, sans être mariée, cette créature a plus de droits que moi dans notre demeure.
Source : Gutenberg

Jehan d' Ivray Au cœur du Harem (1911)

Je me figurais la surprise de l’époux, le masque des fards tombé de ce visage, retrouvant la véritable femme — combien différente de l’autre — qu’on lui donnait.
Les Orientales avisées redoutent tout de ce mariage les livrant à un inconnu dont elles ont, du moins, pu apercevoir les traits à travers les persiennes, durant ses visites aux hommes de leur maison : mais qui, lui, n’ayant vu d’elles qu’une forme imprécise sous les plis du voile noir dans la rue, peut, à bon droit, ne pas se montrer satisfait, si la femme n’est point telle qu’un récit mensonger la lui a dépeinte.
Source : Gutenberg

Jehan d' Ivray Au cœur du Harem (1911)

Une des princesses de la famille, que je ne puis nommer, avait épousé un pacha qu’elle n’aimait guère et trompait, d’ailleurs, sans se gêner en aucune sorte. Mais, comme elle était de race vice-royale, elle ne permettait pas que ce mari lui rendît la pareille dans son palais... Cependant, le pacha avait le cœur tendre ; il aurait pu, comme tant d’autres, se contenter des plaisirs du dehors et mener la vie folle de tous ceux de cette époque... Les Européennes faciles et belles ne manquaient point, et il était assez riche pour s’offrir les plus aimables.
Source : Gutenberg

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