Jehan d' Ivray

Élements biographiques

Jehan d' Ivray Au cœur du Harem (1911)

Le front petit, étroit, volontaire, disait l’entêtement et la cupidité de cette esclave, mère de prince, si terrible aujourd’hui pour ses anciennes compagnes.
Mais le regard s’animait, la bouche s’ouvrait, et c’était le miracle. Cette femme avait trente ans ! Une flamme semblait courir dans ses prunelles et gagner la peau, qui se colorait d’un rose ardent. Jusqu’aux mains, longues et fines, — vraies mains de reine Orientale, graissées de pâtes d’amandes et enduites de parfums subtils — qui ne subissent à leur tour la métamorphose.
Ces mains, à l’instar du visage, avaient une âme.
Source : Gutenberg

Jehan d' Ivray L'Égypte éternelle (1921)

La civilisation égyptienne ne pourra durer dans l’avenir que si elle est fondée par le peuple lui-même, que si le fellah, l’ouvrier, le commerçant, l’instituteur, l’élève et tout Égyptien, savent que l’homme a des droits sacrés auxquels il ne faut jamais toucher ; qu’il n’est pas créé pour être un instrument, mais pour mener une vie intelligente et digne ; que l’amour de la patrie est le plus beau sentiment qui puisse ennoblir une âme, et qu’une nation sans indépendance est une nation sans existence.
Source : Gutenberg

Jehan d' Ivray L'Égypte éternelle (1921)

Toutes les huttes, brillamment éclairées, faisant de ce coin d’Égypte comme une petite Venise au bord du fleuve, tandis que là-bas la voix de la mer, grondant en sourdine, berce les sérénades et les folles chansons !
Les dahabiehs amarrées forment de grandes masses noires, pareilles à des monstres endormis, tandis que les barques, les jolies barques si coquettes, voiles au vent, glissent dans la paix tiède du soir d’été...
Dans sa haute tour de fer, le phare tourne sans relâche, montrant et voilant sa vive lumière, comme étonné d’éclairer tant de vie et tant de gaîté.
Source : Gutenberg

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