A. R. de Lens,
Le Harem entr'ouvert
(1919)
“ Fatime sent l’étable, la terre et la sueur : ses loques blanchâtres ont pris, à la longue, la couleur du sol qu’elle entretient. Elle garde presque constamment l’attitude des quadrupèdes, et, lorsqu’elle se redresse, on est tout étonné de lui voir enfin celle d’un être humain.Pourtant Fatime n’est point une esclave. C’est une femme libre, et c’est même une pèlerine, — Allah pardonne ses fautes ! — qui se dirige vers la sainte ville du Prophète.Certes Fatime est encore à des milliers et des milliers de kilomètres de la Mecque ; et son humble cerveau se refuse à concevoir pareille distance. ”
