A. R. de Lens

Élements biographiques

Portrait de A. R. de Lens A. R. de Lens,  Derrière les vieux murs en ruines… (1922)

“ Par Mouley Ahmed! ils sortent de la maison de Kaddour, notre mokhazni, et je reconnais son timbre altéré de rage, auquel se mêle, stridente et aigre, la voix de Zeïneb.
Leur porte n’est point fermée, j’entre sans bruit dans le vestibule d’où j’aperçois le patio. Ils ne m’ont point vue, car je reste dans l’ombre, et ils ne contemplent que leur colère.
L’homme est debout, frémissant, superbe, des lueurs féroces éclairant ses yeux. Une envie de tuer le torture... Toute son instinctive sauvagerie contracte son visage. Il ne fait pas un geste, mais ses mains crispées étreignent le burnous bleu...
”
Source : Gutenberg

Portrait de A. R. de Lens A. R. de Lens,  Le Harem entr'ouvert (1919)

“ Fatime sent l’étable, la terre et la sueur : ses loques blanchâtres ont pris, à la longue, la couleur du sol qu’elle entretient. Elle garde presque constamment l’attitude des quadrupèdes, et, lorsqu’elle se redresse, on est tout étonné de lui voir enfin celle d’un être humain.
Pourtant Fatime n’est point une esclave. C’est une femme libre, et c’est même une pèlerine, — Allah pardonne ses fautes ! — qui se dirige vers la sainte ville du Prophète.
Certes Fatime est encore à des milliers et des milliers de kilomètres de la Mecque ; et son humble cerveau se refuse à concevoir pareille distance.
”
Source : Gutenberg

Portrait de A. R. de Lens A. R. de Lens,  Derrière les vieux murs en ruines… (1922)

“ Marzaka se lève pesamment. Sa croupe, tendue de brocart, semble un coussin bien gonflé qui se détache du sofa.
Elle traverse la cour en se dandinant et pénètre dans une autre pièce, où elle adjure sa fille de m’écouter, d’être raisonnable.
Lella Oum Keltoum arrive enfin, l’air soucieux, fait clore la lourde porte et, déridée tout à coup, s’assied dans l’ombre auprès de moi. Nous parlons à voix basse, devinant bien qu’on nous épie.
—C’est ma mère qui t’a fait venir? Cette esclave, engendrée d’esclaves... Sache qu’hier elle m’a battue, bien que je sois sa maîtresse.
”
Source : Gutenberg

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