Albert Adès, Le Livre de Goha le Simple (1919)
“ Une demi-heure après, elle avait amené son maître dans le quartier populeux et bruyant des prostituées. Goha songeait à la veille. Autour de lui, comme une présence, flottait la seconde nuit d’amour. Sa conscience oscillait entre deux mondes, celui qui s’ouvrait par un matin clair, celui qui s’abritait dans la pénombre de son souvenir. Incapable de choisir entre le rêve et la vie, il se maintenait dans un milieu étrange, qui n’était ni l’un, ni l’autre. La rue était mobile, les ornières qu’il évitait en se cramponnant à la queue de son âne, étaient des abîmes ou des montagnes indifféremment. ”
