Albert Adès

Élements biographiques

Albert Adès Le Livre de Goha le Simple (1919)

Une demi-heure après, elle avait amené son maître dans le quartier populeux et bruyant des prostituées.
Goha songeait à la veille. Autour de lui, comme une présence, flottait la seconde nuit d’amour. Sa conscience oscillait entre deux mondes, celui qui s’ouvrait par un matin clair, celui qui s’abritait dans la pénombre de son souvenir.
Incapable de choisir entre le rêve et la vie, il se maintenait dans un milieu étrange, qui n’était ni l’un, ni l’autre. La rue était mobile, les ornières qu’il évitait en se cramponnant à la queue de son âne, étaient des abîmes ou des montagnes indifféremment.
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Albert Adès Un Roi tout nu

Huslin se dressa, les mains levées, raidies en griffes. Il s’avança vers Fauvarque, lui prit les bras, les serra avec amertume, mais sans force. Fauvarque, les mains dans les poches, riant, se laissait faire.
– Je ne suis pas fou, balbutia Huslin. Si vous avez comploté contre moi, c’est vers la vérité que vous m’avez poussé. Soyez confondu, Fauvarque : j’ai une âme de bonté qui m’emplit d’adoration pour moi-même.
– Vous êtes un méchant homme, répondit sévèrement Fauvarque. Autrefois, vous aviez, je crois, du génie, vous étiez sensible et vous tendiez vers le beau.
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Albert Adès Le Livre de Goha le Simple (1919)

Meurtrir cet homme puis le jeter dehors avec un coup de babouche en plein dans le derrière, c’est à ce prix seulement qu’il retrouverait la paix de son âme.
Son poing s’abattit sur l’épaule de Goha et ce fut comme s’il suivait la trajectoire d’un coup déjà donné. Sous ce choc imprévu, Goha perdit l’équilibre et tomba les jambes en l’air. Il ne se débattit pas, se contentant de gémir faiblement :
— Mon cheik ! mon cheik !
El-Zaki s’attendait à une lutte. Ne rencontrant pas de résistance il recula. Avec la chute de son adversaire, sa colère était tombée. Goha ne bougeait pas.
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