Rhoda Broughton

Élements biographiques

Rhoda Broughton Fraîche comme une rose (1880)

Prenez garde ! Tenez serré ! Tenez-lui la tête haute ! lui crie Saint-John effrayé.
Un moment après, la jument, la tête en l'air, les narines ouvertes et les brides lâches battant contre ses jambes de devant, passe comme l'éclair. En une seconde, il est descendu de cheval et il est près d'une masse inerte sur le gazon.
– Je ne suis pas morte, dit Essie en se soulevant avec effort et en souriant à Gérard dont le visage brun est blanc de frayeur. N'ayez pas l'air si effrayé.
– Dieu soit loué ! dit-il en respirant à peine, et avec plus de ferveur que quand il dit ses prières.
Source : Gallica

Rhoda Broughton Adieu les amoureux ! (1879)

Le mort ne nous est jamais rendu mort, mais vivant, parlant, souriant. Le sommeil se refuse, au contraire, à l'âme troublée qui a encore un reste d'espérance; il refuse de n'être qu'un moyen de passer les heures inquiètes. Il veut être aimé pour lui-même; sinon il nous fuit. Lénore n'a pas dormi pendant ces quarantehuit heures; elle n'a pas mangé; elle est restée tout le
jour près de la fenêtre, regardant le même paysage d'hiver, ou la montre qui est devant elle, comme si elle pouvait faire marcher plus vite les aiguilles.
Source : Gallica

Rhoda Broughton Comme une fleur : autobiographie… (1880)

On l'a enterrée hier dans cette chambre mortuaire où le dernier des Lestrange a rendu son âme à Dieu, et il ne reste plus à sa place que Nelly Lancaster.
Me voici seule près du lit vide de mon père, baisant de mes lèvres décolorées les coussins qui ont supporté sa tête mourante. Le Ciel, dans sa pitié, m'a rendu le don des larmes. Après la mort du cher vieillard, j'ai coupé une mèche de ses cheveux gris si clairsemés, et maintenant je contemple ce précieux souvenir, qui me rappelle si vivement le bien-aimé défunt, que je crois encore le voir et entendre sa voix.
Source : Gallica

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