Rhoda Broughton

Résumé

Rhoda Broughton Comme une fleur : autobiographie… (1880)

Je vois encore le groupe réuni sur le perron du château pour nous dire adieu : lady Lancaster en robe de moire feuille morte se penchant pour m'embrasser (je sens même sa barbe qui me pique) et me disant, d'un ton maternel: «J'espère que nous vous reverrons bientôt, ma toute belle;» Dolly tendant sa petite main potelée à sir Hugues, comme si elle était au désespoir de le quitter ; Dick appuyé contre la porte et m'envoyant un doux sourire sous sa grosse moustache blonde; tout autour, un soleil radieux, des feuilles verdoyantes et l'azur d'un beau ciel d'été.
Source : Gallica

Rhoda Broughton Comme une fleur : autobiographie… (1880)

Ce que c'est que d'être jeune ! Nous autres vieilles gens nous ne savons pas nous amuser à si peu de frais.
Je n'entends pas la réponse de Richard.
— Moitié enfant et moitié femme, ne trouvezvous pas? poursuit ma sœur; combinant les plaisirs des deux âges, l'amour et les images.
Dick mord sa blonde moustache et ses yeux me lancent des éclairs.
— Il n'est pas difficile de l'amuser, dit-il, si elle trouve du plaisir dans la conversation de Lancaster.
— Oh! elle est si jeune ! et puis, voyez-vous, capitaine Mac-Gregor, c'est une qualité très enviable que cette faculté d'attraction.
Source : Gallica

Rhoda Broughton Comme une fleur : autobiographie… (1880)

On l'a enterrée hier dans cette chambre mortuaire où le dernier des Lestrange a rendu son âme à Dieu, et il ne reste plus à sa place que Nelly Lancaster.
Me voici seule près du lit vide de mon père, baisant de mes lèvres décolorées les coussins qui ont supporté sa tête mourante. Le Ciel, dans sa pitié, m'a rendu le don des larmes. Après la mort du cher vieillard, j'ai coupé une mèche de ses cheveux gris si clairsemés, et maintenant je contemple ce précieux souvenir, qui me rappelle si vivement le bien-aimé défunt, que je crois encore le voir et entendre sa voix.
Source : Gallica

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