“ Oh ! les terribles jours qui suivirent ! C’en était fini de toute joie, de tout repos ; l’angoisse qui étreignait le cœur de Petite Nell envahissait peu à peu celui de sœur Hélène. Elle ne pouvait faire qu’une chose, prier avec et pour la pauvre enfant, mais cela elle faisait de toute son âme, comme seuls peuvent le faire ceux qui connaissent la souffrance. Oh ! comme Petite Nell les écoutait les prières de son amie, et comme elle comprit, un jour, d’où lui était venue la force, alors qu’elle traversait la fournaise ! ”
Nell
Définition et enjeux
Citations sur “Nell”
Arthur Conan Doyle,
Nouveaux mystères et aventures
“ Ne pourriez-vous pas causer comme vous le faisiez il y a deux ans, et ne pas être si épouvantablement sentimental?—Vous saurez un jour pourquoi, Nell, dit l’étudiant d’un ton de reproche. Attendez jusqu’au jour où vous connaîtrez vous-même l’amour; alors vous comprendrez.Je fis une légère moue d’incrédulité.—Asseyons-nous ici, Nell, dit le cousin Sol, en me dirigeant habilement vers un petit tertre couvert de fraisiers et de mousse, et se perchant sur une souche d’arbre à coté de moi. Maintenant, tout ce que je vous demande, c’est de répondre à une ou deux questions. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Le vieillard saisit un des bras inertes de Nell et appuya fortement, pour la réchauffer, la petite main contre sa poitrine. C’était la main qu’elle lui avait tendue en lui adressant son dernier sourire, la main avec laquelle elle le conduisait dans toutes leurs excursions. De temps en temps il la portait à ses lèvres, puis il la pressait de nouveau sur sa poitrine en disant à demi-voix qu’elle devenait plus chaude ; et tout en parlant ainsi il regardait avec désespoir ceux qui l’entouraient, comme pour implorer leur assistance en faveur de Nelly. ”
“ Le cœur de Petite Nell défaillit. — Tante Olympe, j’aimerais mieux une famille, auprès de petits enfants. — Pourquoi ça, ma fille ? Je crois que tu as tort ; tiens, la voici. Petite Nell lut et replia la lettre sans rien dire. — Le salaire n’est pas lourd, reprit tante Olympe, mais tu n’as que ta langue et la musique à enseigner, et tu auras l’occasion d’apprendre l’anglais, de voir un peu le monde..., et pense comme ce doit être gai de vivre avec tant de jeunes filles, presque toutes de ton âge. ”
“ A travers la paume de ses mains, Nell percevait encore une lueur rose, qui blanchissait à mesure que le soleil s'élevait au dessus de l'horizon. Son regard s'y faisait graduellement. Puis, ses paupières se soulevèrent, et ses yeux s'imprégnèrent enfin de la lumière du jour.La pieuse enfant tomba à genoux, s'écriant :« Mon Dieu, que votre monde est beau ! ”
“ Oh ! les méchantes langues, comme elles font mal, comme elles déchirent le cœur en vous ouvrant les yeux, ces beaux yeux que Petite Nell n’osait plus lever, dans la crainte qu’il y lût ce qu’elle voulait garder pour elle toute seule. ”
“ Oh ! Petite Nell, je voudrais vivre, je voudrais me guérir pour... pour changer, mais je crois que je ne peux plus. Il la regarda d’un air troublé, et elle se pencha pour l’embrasser et essuyer la sueur qui perlait sur son front. — Je n’aurai pas même été un ouvrier de la onzième heure ; je m’en irai sans avoir rien fait, ni pour toi, ni pour personne, ni pour Dieu. — Louis, mon chéri, tu sais bien comme tu m’as rendue heureuse. Il sourit tristement. — Tu n’es pas difficile ; mais si je guéris, ajouta-t-il, le regard brillant d’espoir, tu ne me reconnaîtras plus, Petite Nell. ”
“ Il ferma les yeux, et Petite Nell resta près de lui sans faire un mouvement, regardant, comme en rêve, cette belle tête qu’elle avait toujours tant admirée et qu’elle trouvait plus belle encore, d’une beauté plus grave, plus majestueuse, plus insaisissable. — Mon Dieu, était-ce vrai ? Un nuage passa sur ses yeux, et ses mains se joignirent fortement. Ah ! c’est qu’il est affreux, ce spectacle : la jeunesse, la vie, la beauté aux prises avec la mort ! ”
“ Chérie, ne pleurez pas ainsi, reprit-elle, pendant que ses propres larmes roulaient sur ses joues pâles, je ne vous ai pas raconté cela pour vous faire de la peine, mais pour vous aider à prendre patience ; songez donc, qu’est-ce qu’une séparation lorsqu’on a l’espoir de se retrouver bientôt ? — Oh ! sœur Hélène, pardonnez-moi, répéta Petite Nell en sanglotant et en caressant les mains de son amie. ”
“ Mon frère aime tout ce que j’aime, interrompit sœur Hélène, et il est content de tout ce qui rend sa sœur contente, ajouta-t-elle, avec un sourire d’absolue confiance. Une heure après, Petite Nell était assise à la table du docteur, en face de son amie, qui avait l’air parfaitement contente, et qui souriait comme quelqu’un qui est sûre que ce qui lui fait plaisir fait plaisir aux autres. ”
“ Petite Nell ouvrit, mais au lieu de répondre au bon sourire qui l’accueillait, elle éclata en sanglots. — Oh ! sœur Hélène, il ne viendra pas, il ne peut pas venir. Mlle Steinwardt s’était levée en pâlissant. — Est-il malade, dites, ma chérie, comment, par qui l’avez-vous appris ? — C’est lui qui m’écrit... pour me dire... qu’il a accepté une place de précepteur ; il voyagera tout l’été, il ira en Suède, en Norvège, en Finlande ; et moi qui l’attends depuis si longtemps, je ne le verrai pas. — Pauvre Petite Nell, cela me fait beaucoup, beaucoup de peine pour vous. ”
“ Le regard de sœur Hélène allait de l’un à l’autre des deux enfants, partagée entre l’admiration, la crainte et la pitié. Enfin, elle se leva pour prendre congé, et, sans adieu, avec son meilleur sourire, elle embrassa Petite Nell et lui dit gaiement au revoir, puis, pendant que Louis continuait à l’amuser par son babil et ses récits, elle s’achemina du côté de sa demeure. ”
“ Oui, elle était bien heureuse, Petite Nell, son frère avait enfin pris possession de son brevet d’ingénieur, et leur vie, cette vie à deux, après laquelle elle avait tant soupiré, allait enfin commencer. Elle était bien heureuse, et pourtant elle apprenait, en ce moment, que dans ce monde, la réalisation de notre rêve de bonheur ne s’obtient, le plus souvent, qu’au prix d’un sacrifice, et ce sacrifice, malgré sa joie, lui déchirait le cœur ; bientôt, les jours passés avec sœur Hélène, le docteur, la vieille Gritli, ne seraient plus qu’un souvenir. ”
“ Ces derniers mots furent prononcés avec tant d’énergie que Petite Nell releva la tête d’un air surpris. — C’est comme ça, reprit tante Olympe, je ne veux plus qu’on jase, moi, et qu’on dise ce qu’on dit. — Je ne comprends pas, tante. — Je le crois, ma fille ; et, vois-tu, ça me fait de la peine de t’ouvrir les yeux. — Vois-tu, ma fille, le monde est plus mauvais qu’on ne croit ; depuis ton retour, les gens ont commencé à parler, on trouve drôle que tu restes chez des étrangers plutôt que chez moi. ”
“ Nell. houillère ne s’était développé à ses yeux, que l’humanité tout entière avait tenu pour elle dans cette sombre crypte. Savait-elle, cette pauvre fille, qu’il y eût un soleil et des étoiles, des villes et des campagnes, un univers dans lequel fourmillaient les mondes ? On devait en douter jusqu’au moment où certains mots qu’elle ignorait encore prendraient dans son esprit une signification précise. Quant à la question de savoir si Nell vivait seule dans les profondeurs de la Nouvelle-Aberfoyle, James Starr dut renoncer à la résoudre. ”
“ Saint Mungo me protège ! mais elle me plaît, la gentille Nell ! Une jeune et bonne créature qui n’a jamais quitté la mine, c’est bien la femme qu’il faut à un mineur ! Elle est orpheline comme je suis orphelin, et, pour peu que tu ne penses vraiment pas à elle, et qu’elle veuille de ton camarade, Harry !... ”
“ Il va sans dire que Nell, autant que possible, était tenue en dehors de ces conciliabules. Elle aidait, d’ailleurs, au désir qu’on avait de ne lui en rien laisser soupçonner. Son attitude témoignait, toutefois, qu’elle partageait les préoccupations de sa famille adoptive. Sa figure attristée portait la marque des combats intérieurs qui l’agitaient. Quoi qu’il en soit, il fut résolu que James Starr, Simon et Harry Ford Harry fut enseveli sous les décombres. ”
“ Mais, tout en disant ces mots, sœur Hélène se montrait très peu raisonnable, et les larmes coulaient une à une sur ses joues pâles, sans qu’elle pût les arrêter. — Mais... c’est ce que je ne peux pas, s’écria Petite Nell, je ne peux pas vous laisser seule, juste au moment où le docteur va partir, lui aussi, pour cette affreuse Allemagne que je déteste ! — Petite Nell, quelle sottise vous dites ; vous savez que cette récréation est nécessaire pour lui ”
“ Ils avaient bien reconnu la nature des sentiments d’Harry pour Nell, et cela ne leur déplaisait point. On se rappelle que lors de sa première visite à l’ancien cottage, le vieil overman avait dit à l’ingénieur : « Pourquoi mon fils se marierait-il ? Quelle créature de là-haut conviendrait à un garçon dont la vie doit s’écouler dans les profondeurs d’une mine ! » ”
Renée Vivien,
La Dame à la louve
“ J’aime les longs pieds creux et les longues mains maigres. Je déteste les petits pieds inaptes aux marches interminables et les petites mains qui ne savent point manier ni le revolver ni la carabine. Les femmes, en général, sont bien encombrantes. Mais Nell, ce n’était pas une vraie femme, Je ne sais pourquoi elle ne voulut point devenir ma maîtresse, Nous n’avons pas de morale, dans les grands bois. Seulement, elle était réfractaire à l’amour. Il y a beaucoup de femmes qui ont instinctivement horreur du mâle. ”
“ Petite Nell obéit, mais elle fut vite au bout de sa tâche. Décidément, pensa la paysanne, elle n’est pas la moitié aussi causeuse que son frère ; mais comme elle a pauvre mine, elle est peut-être bien fatiguée. — Aimerais-tu aller te coucher, Nellie ? fit-elle, à bout de ressource. — Oh ! oui, tante Olympe. — Eh bien ! je t’accompagnerai, car l’escalier est très sombre. J’espère, ajouta-t-elle en découvrant le lit, que tu ne feras qu’un somme jusqu’à demain. Bonne nuit, ma petite. — Bonne nuit, tante Olympe. Pauvre Petite Nell ”
“ Un douloureux étonnement se peignit sur la figure de l’enfant. — Tu sais, continua tante Olympe, décidée cette fois à décharger son cœur, que vous n’êtes pas riches. Petite Nell fit un signe affirmatif. — Et que ça coûte beaucoup d’étudier et plus encore de tenir un ménage. Si tu ne veux pas venir demeurer chez moi, il faudra que Louis renonce à ses études et se cherche une autre occupation. ”
“ Alors, fit Petite Nell, dont la figure sérieuse était restée impassible, si oncle Nestor prend une servante, vous pourrez rester avec nous, tante Olympe, et nous partirons ensemble après les examens de Louis. ”
“ Voyez, par exemple, cousine Nellie balayer le plancher ou laver la vaisselle, jamais ses mains... — Je crois, vraiment, que ses mains t’ont jeté un sort, interrompit tante Olympe, tu en as parlé dès le jour de son arrivée. — C’est que je n’en avais jamais vu d’aussi mignonnes. — Je conviens, reprit la paysanne, que Nellie n’est pas mal ; pourtant il y a chez nous nombre de filles plus jolies, plus fraîches. Nellie ne sera jamais une paysanne, elle est trop délicate, trop fine ; sa place n’est pas parmi nous. — Il faut que j’aille, fit Maxime, en se levant. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Il fut convenu que Nell et son grand-père accompagneraient le maître d'école jusqu'au village où il était attendu, et que ce dernier tâcherait de leur trouver quelque humble occupation qui pût les faire subsister. «Nous sommes sûrs de réussir, dit gaiement le maître d'école. La cause est trop bonne pour n'être pas gagnée.»Ils se disposèrent à continuer leur voyage le lendemain soir. Une diligence, qui suivait justement le même chemin, devait s'arrêter à l'auberge pour changer de chevaux; le cocher, moyennant une petite rétribution, donnerait à Nelly une place dans l'intérieur. ”
“ Deux Bonheurs. — Sœur Hélène, deux bonheurs m’arrivent à la fois, ce matin. — Deux bonheurs, chérie ! Lesquels donc ? — Voici le premier. Et Petite Nell sortit une lettre de sa poche. — Une grande page et demie, dit-elle ; il travaille beaucoup en vue de ses examens et se porte très bien, quoique toujours un peu enrhumé. Maintenant, le second ; oh ! essayez de le deviner. — Non, non, je suis beaucoup trop impatiente. — Cousin Max se marie avec Anna Davy ; c’est tante Olympe qui est venue tout-à-l’heure me l’annoncer ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Cette inspiration la calma ; et Nelly alla se mettre au lit avec le cœur soulagé. Ses rêves, pendant son sommeil, promenèrent son esprit au sein d’espaces lumineux, à la poursuite d’un but vague et insaisissable qui reparaissait toujours. Quand Nelly s’éveilla, elle trouva la nuit déjà avancée ; les étoiles brillaient sur la voûte du ciel. Enfin, le jour commença à luire, et les étoiles pâlirent peu à peu. Aussitôt l’enfant se leva et s’apprêta pour le départ. Le vieillard dormait encore : ne voulant pas le troubler, Nelly le laissa sommeiller jusqu’au moment où le soleil parut. ”
Charles Dickens,
Le marchand d'antiquités
(1879)
“ Ce discours fut prononcé avec beaucoup de gestes éloquents. — Pourquoi me pourchassez-vous et me persécutez-vous ainsi ? dit le vieillard en se tournant vers son petit-fils. Vous avez choisi votre chemin, suivez-le, et laissez-nous travailler, Nelly et moi. — Nelly sera bientôt une femme; et nourrie dans votre foi elle oubliera son frère, à moins qu'il ne se montre à elle de temps en temps. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Une fois Nelly vit des larmes mouiller ses paupières. Après quelques moments de marche silencieuse, le vieillard prit la main de Nelly, comme il était habitué à le faire, sans que rien dans son air trahît la violence et l’exaltation dont il était récemment animé ; et puis petit à petit, par degrés insensibles, il retomba dans son état de docilité, se laissant conduire par Nelly où elle voulait. ”
Charles Dickens,
Le Magasin d’antiquités
“ Il appuya en gémissant sa tête sur l'épaule de Nelly. Autrefois, et même peu de jours auparavant, Nelly eût été impuissante à retenir ses larmes et elle eût pleuré avec son grand-père: mais en ce moment elle le calma par ses douces et tendres paroles, elle sourit en l'entendant supposer qu'ils pussent jamais se séparer, et tourna cette idée en plaisanterie. Le vieillard rassuré s'endormit en murmurant une chanson comme un petit enfant. ”
A propos d'un portrait (1877)
“ La jeune marchande de fleurs se tenait directement sur le chemin du roi. « Flore elle-même ! dit le gai monarque en prenant quelques violettes de la corbeille. Les fleurs du printemps sont toutes ici, mais les roses sont sur vos joues, ma belle, et les nem'oubliez-pas dans vos yeux. » Nell rougit de plaisir. « En effet, Votre Majesté, j'espère que non, dit-elle vivement. - Et pourquoi pas, Nell? - Parce que c'est la rosée qui rend les fleurs fraîches et odorantes etLe roi rit ; il prenait toujours un grand plaisir dans la repartie. ”
Charles Dickens,
Le marchand d'antiquités
(1879)
“ Mais il oublia à l'instant même le motif qui l'avait fait agir ainsi, et se détournant il la replaça sur la table ; et ouvrant un vieux coffre d'où il tira quelques vêtements de Nelly, il y passa la main comme pour les brosser. — Pourquoi dors-tu si longtemps, Nelly? murmura-t-il, quand tes petits amis viennent demander à la porte : — Où est donc Nelly, la bonne Nelly ? car il n'y a pas un seul enfant qui ne t'aime de tout son cœur. Kit ne pouvait parler, ses yeux étaient remplis de larmes. — Voici sa jolie petite robe, continua le vieillard, sa robe favorite. ”
