“ Harry ! répondit Jack Ryan, es-tu bien sûr que ces deux mains-là n’appartiennent pas au même corps ? — Pourquoi, Jack ? D’où peut te venir cette idée ? — Dame... tu sais... Harry ! Ces êtres, qui vivent dans les abîmes... ne sont pas faits comme nous ! — Ils sont faits comme nous, Jack ! — Eh non ! Harry... non... D’ailleurs, ne peut-on supposer que quelque fou est parvenu à s’introduire... — Un fou ! répondit Harry ! Un fou qui aurait une telle suite dans les idées ! Un fou, ce malfaiteur qui, depuis le jour où il a rompu les échelles du puits Yarow, n’a cessé de nous faire du mal ! ”
Jules Verne
Résumé
Publié en 1877, Les Indes noires de Jules Verne explore les tensions entre industrialisation et folklore à travers l’histoire d’une mine écossaise. L’ingénieur James Starr et le contremaître Simon Ford redécouvrent un gisement de charbon, créant une ville souterraine, Coal-City, mais des phénomènes inexplicables menacent leur entreprise.
Le roman mêle fantastique (le harfang, les légendes celtiques) et critique sociale, avec des personnages comme Nell, enfant des ténèbres, ou Silfax, incarnation de la folie. L’œuvre, inspirée par les récits miniers et les voyages de l’auteur, oppose le progrès industriel à l’héritage mythique.
Citations de Les Indes noires (Jules Verne)
“ Je veux que ses yeux se soient ouverts enfin à la lumière du jour ! — Bien, Harry, bien, très bien ! s’écria Jack Ryan. Je te comprends à cette heure. Et à quelle époque l’opération ?... — Dans un mois, Jack, répondit Harry. Les yeux de Nell s’habituent peu à peu à la clarté de nos disques. C’est une préparation. Dans un mois, je l’espère, elle aura vu la terre et ses merveilles, le ciel et ses splendeurs ! Elle saura que la nature a donné au regard humain des horizons plus reculés que ceux d’une sombre houillère ! Elle verra que les limites de l’univers sont infinies ! ”
“ Harry voulait la réveiller, afin qu’elle ne perdît rien des magnificences de cette belle nuit. « Laisse-la dormir, mon garçon, lui dit l’ingénieur. Deux heures de repos la prépareront mieux à supporter les impressions du jour. » À deux heures du matin, l’embarcation arrivait au pier de Granton. Nell se réveilla, dès qu’elle toucha terre. « J’ai dormi ? demanda-t-elle. — Non, ma fille, répondit James Starr. Tu as simplement rêvé que tu dormais, voilà tout. » La nuit était très claire alors. La lune, à mi-chemin de l’horizon au zénith, dispersait ses rayons à tous les points du ciel. ”
